Actualité théâtrale

Au Théâtre Nanterre-Amandiers, jusqu’au 20 juin 2010

"Flowers in the mirror" d’après le roman de Li Ju Chen par l’Opéra chinois de Sichuan

"Flowers in the mirror", que Li Ju Chen écrivit en 1828, est considéré comme un grand classique de la littérature chinoise même si son écriture qui dénote une imagination débordante ne correspond pas à la tendance littéraire dominante de l’époque.
On y raconte l’histoire d’une déesse, la fée aux cent fleurs, haut fonctionnaire du royaume céleste, chargée de veiller sur toutes les espèces pour qu’elles fleurissent pendant la période appropriée. Mais un manque de vigilance de sa part provoque un dérèglement des saisons auquel succèdent des floraisons anarchiques et incontrôlables.
Sa faute la destitue de son titre de déesse. Rendue à l’état de mortelle elle est réincarnée en la fille du lettré Tang Ao et décide d’étudier, un projet peu répandu pour une femme en Chine au VIème siècle. Le récit prend alors la forme d’une satire politique et sociale qui aborde notamment le thème qui pourrait sembler anachronique de l’émancipation de la femme.

Le spectacle que propose sur le plateau de sa grande salle le Théâtre Nanterre Amandiers est captivant à plusieurs titres. D’abord parce que il fait découvrir l’Opéra de Sichuan qui travaille dans la ligne droite de la tradition mais qui, passé par un mouvement de réformes stylistiques dans les toutes premières décennies du vingtième siècle, a évolué et tend vers un type d’Opéra nouveau. Ensuite, parce que la collaboration de la troupe avec les metteurs en scène Charles et Vincent Tordjman, et l’apport de techniques nouvelles, conduisent au mélange heureux du respect des traditions mêlé avec des effets peu littéraires et contemporains : lasers, fibres optiques ou sons électroniques…
Sur les bases d’un décor réduit à quelques éléments, interviennent des lumières dont les effets créent sans jamais forcer le trait des atmosphères féeriques. Le matériau utilisé, résolument moderne, crée, à bon escient, des ruptures visuelles bienvenues.
Le texte est souvent drôle et les comédiens ou acrobates donnent par leur jeu, une dimension satirique à ce spectacle que le public- et il a bien raison- applaudit à tout rompre.
Francis Dubois

Théâtre Nanterre-Amandiers
7 avenue Pablo Picasso
92 022 Nanterre cedex
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 46 14 70 00
www.nanterre-amandiers.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Magnetic »
    On l’avait quitté cet été au festival Teatro a Corte à Turin où il avait imaginé une promenade jonglée au Château de la Venaria Reale qui se terminait par un très subtil et léger jonglage avec un sac de... Lire la suite (15 février)
  • « J’ai rêvé la Révolution »
    Olympe de Gouges, révolutionnaire et femme de lettres, auteur de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne meurt guillotinée en 1793. C’est en s’inspirant librement de sa vie et de sa... Lire la suite (15 février)
  • « Mademoiselle Julie »
    C’est la nuit de la Saint Jean, une nuit magique placée sous le signe de la fête et de l’amour. Mademoiselle Julie, la fille du comte vient de rompre ses fiançailles et a décidé de transgresser les... Lire la suite (15 février)
  • "Le cercle de Whitechapel" de Julien Lefebvre
    Conan Doyle, jeune médecin écossais , déjà auteur de “ Une Étude en rouge ”, Bram Stocker, administrateur du Lyceum Theatre, féru d’occultisme et pas encore auteur de Dracula, George Bernard Shaw,... Lire la suite (14 février)
  • « Constellations »
    Marianne est physicienne, Roland apiculteur. Ils se rencontrent lors d’un barbecue chez des amis. Ils vont s’aimer, se trahir, se séparer, se retrouver, apprendre à s’écouter, se marier et se trouver... Lire la suite (14 février)