Communiqués

Formation des maîtres : des reculs ministériels sur le dispositif transitoire qui en appellent d’autres sur la réforme elle-même

Le ministère a pris enfin en compte une partie des demandes exprimées par le SNES avec les autres syndicats de la FSU concernant les mesures transitoires pour les concours 2010 dans le cadre des discussions sur la réforme de la formation des maîtres.
Les étudiants inscrits en M1 ou à l’IUFM et lauréats des concours 2010 seront nommés stagiaires en responsabilité dès la rentrée 2010 sans avoir à valider préalablement un M2.
D’autre part, les concours sont maintenus dans leur état actuel et les inscriptions pour les préparations se feront en Instituts de formation des maîtres (IUFM) comme cette année.

En revanche, en ce qui concerne le projet de réforme, deux points majeurs de désaccord subsistent, sur l’année de formation d’une part et sur les épreuves de concours d’autre part.
Concernant l’année de formation, le SNES continue de dénoncer le choix du ministère de sacrifier l’impératif de formation des nouveaux recrutés en alourdissant leur charge d’enseignement. Ceux-ci devront en effet assurer 12 heures de cours hebdomadaires contre 6 à 8 aujourd’hui. Le temps de formation en IUFM serait donc considérablement réduit. Une véritable formation professionnelle impose que soit offerte aux nouveaux recrutés la possibilité d’approfondir les connaissances et compétences disciplinaires et professionnelles indispensables à la réussite des élèves et d’apprendre à analyser leurs pratiques professionnelles pour pouvoir évoluer tout au long de la carrière.
Sur les concours, le SNES renouvelle son opposition à une épreuve de connaissance du système éducatif qui serait totalement déconnectée des métiers et des disciplines de recrutement et ferait davantage appel à la mémoire qu’à la réflexion.

Plus largement, le SNES revendique une élévation du niveau de recrutement assurant une amélioration des différentes composantes de la formation, tant disciplinaire que professionnelle, pensant celle-ci sur l’ensemble du cursus et s’appuyant sur des principes fondamentaux :
- Des masters disciplinaires, ouverts sur la recherche, n’enfermant pas les étudiants et pouvant contenir des éléments de préprofessionnalisation.
- Des prérecrutements assurant un vivier suffisant de candidats et la diversité sociale de nos professions.
- Des concours nationaux ouverts à tout candidat justifiant de l’obtention d’un master.
- Une année pleine et entière de formation en alternance après la réussite aux concours, prenant appui sur le potentiel de formation que constituent les IUFM.

Enfin, le SNES revendique une revalorisation pour l’ensemble des personnels concernant toutes les étapes et tous les aspects de la carrière (rémunérations, conditions de service et d’emploi…) et intégrant les conséquences du recrutement au niveau master.

Il continuera à intervenir dans les groupes de travail et à mobiliser largement l’ensemble de la profession pour peser sur le projet du gouvernement et imposer une véritable réforme de la formation et du recrutement des personnels d’enseignement, d’éducation et d’orientation.

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