2de-1ère-Terminale

Formation-formatage sur la réforme du lycée : les questions à poser

La réforme du lycée s’accompagne d’un changement complet de tous les programmes et de la création de nouveaux enseignements. Les enseignant·es de lettres modernes et classiques vont avoir fort à faire ! Outre le programme de français de 2de et 1ère, la discipline sera intéressée par les programmes de LCA, théâtre, cinéma et audio-visuel (spécialité et option facultative), de spécialité Humanités, littérature et philosophie (HLP). Les inspections commencent à mettre en place des formations (ou formatages ?) sur les nouveaux programmes.

L’analyse du SNES-FSU est disponible sur le site : https://www.snes.edu/Projet-de-programme-de-francais-au-lycee-il-faut-revoir-la-copie.html et https://www.snes.edu/Litterature-et-LCA-en-classe-de-1ere-un-enseignement-de-specialistes.html

Nous listons ci-dessous les questions qui pourront être posées lors de ces formations.

LCA :

  • Les élèves de spécialité LCA et de l’option facultative LCA seront-ils dans le même cours ? Si oui, comment fera-t-on étant donné que l’horaire est différent (4h pour la spé et 3h pour l’option) ? Et en terminale (3 et 6h) ?
  • En LCA latin, puis-je proposer une initiation au grec ?
  • Faut-il que tous les élèves qui prennent cette spécialité soient regroupés dans une même classe ?
  • Comment faire si un élève prend l’option et la spécialité ? Faut-il l’interdire ?
  • Quelle chance a-t-on que des élèves choisissent de faire 6h de latin ou 6h de grec en terminale ? On risque de n’avoir aucun élève qui garde la spécialité en terminale.
  • Combien de points au bac peut gagner un élève avec l’option LCA ?
  • Quelles épreuves les élèves passeront-ils ? En fin de 1ère ? En terminale ?
  • Comment conseiller un.e élève qui voudrait prendre la spécialité alors qu’on n’a aucune visibilité sur ce qui sera exigé de lui ou d’elle ?
  • Les élèves qui abandonneront la spécialité latin ou grec à l’issue de la 1ère pourront-ils continuer en option facultative en terminale ?
  • En ce cas, la langue ancienne étudiée sera-t-elle comptabilisée deux fois ? (en épreuve de spécialité fin de 1ère et en option facultative dans la moyenne de contrôle continu avec le coefficient de 3 affecté aux points au-dessus de 10)
  • Un élève peut-il prendre la spécialité latin et la spécialité grec ?
  • Dans mon établissement il est prévu que les élèves poursuivent l’étude des langues anciennes en spécialité ou soient contraints d’abandonner alors que l’option est implantée dans l’établissement et que le programme permet de regrouper les élèves. Est-ce normal ?
  • Je travaille en ECLA comme le permettent les programmes. Jusqu’à quel point est-ce possible ? Les épreuves de bac tiendront-elles compte de ces situations particulières ou faudra-t-il renoncer à l’ECLA en terminale pour se consacrer au latin ou au grec ?
  • Quel doit-être le niveau d’exigence notamment en traduction ? Que doit savoir faire un élève en fin de 1ère pour l’épreuve de spécialité ? En fin de terminale ?
  • Le programme indique que la spécialité se distingue par son « caractère littéraire plus affirmé » : pouvez-vous expliciter ?
  • Les programmes évoquent des repères chronologiques et géographiques. Y aura-t-il des précisions sur des repères incontournables ? Comment faire si les élèves sont attendus sur ces questions au baccalauréat ? Même problème pour les « mots concepts ».
  • Doit-on attendre des élèves qu’ils soient capables de traduire en autonomie (en particulier en spécialité) ou doit-on se contenter de pratiques de « traduction contextualisée » ?
  • Il est question d’une majeure et d’une mineure : qu’est-ce que cela signifie ?
  • Pourquoi une telle ambition dans le programme d’étude de la langue alors qu’on a l’impression que les exigences en matière de traduction sont très réduites ?
  • Je n’enseigne qu’à des élèves en option facultative et je serai donc seul.e à les évaluer et à apprécier leur niveau de connaissance, suis-je obligé.e de leur faire réaliser deux port-folio par an ?
  • Les exemples explicites qui figurent dans le programme (discours d’Obama, chansons de Bob Dylan, réflexion sur les fake news ou la tolérance religieuse, etc) ont-il seulement valeur d’exemple ou sont-ils des attendus du programme ?
  • Travailler la confrontation des textes anciens et des grands textes de la littérature moderne ou contemporaine suppose-t-il que l’on étudie la thématique des réécritures, en particulier en spécialité ?
  • Ne craignez-vous pas que ces nouveaux programmes et l’absence de toute évaluation finale pour l’option facultative ne conduise à des approches très différentes d’un établissement à l’autre et ne conduise à des inégalités (entre traduire Cicéron ou Sophocle et faire des port-folio, il y a un monde) ?
  • A quoi ressemblera l’oral de spécialité d’un élève qui aura choisi la spécialité LLCA ? Qu’attendra-t-on ? Qu’est-ce qui sera évalué ? L’oral uniquement ? La présentation d’une production ?
  • Que sont les horaires spécifiques de l’ECLA qui sont évoqués ? Quelles sont les démarches à effectuer pour y prétendre ?

HLP

  • Dans la spécialité HLP, combien d’heures pour le prof de lettres et pour le prof de philo ?
  • Que dois-je faire faire à les élèves en HLP : des dissertations, des commentaires, des lectures expliquées, des lectures d’œuvres complètes, des exposés, des débats ?… Quelle sera l’épreuve au bac ?
  • Le programme donne une longue bibliographie : doit-on faire lire ces ouvrages aux élèves ? Combien ? Sous quelle forme ? Doivent-ils lire les œuvres complètes ou des extraits ?
  • Comment donne-t-on accès à ces œuvres ? Doit-on demander au lycée de les acheter ou l’achat doit-il être fait par les élèves ?
  • Faut-il faire un travail interdisciplinaire ? Si oui, sous quelle forme ? Des heures de concertation sont-elles prévues ?
  • Le programme dit qu’il faut étudier une période historique par objet d’étude mais que l’on peut aussi aller au-delà. Qu’en est-il ? Dois-je faire aussi un cours d’histoire ?
  • Que dois-je dire à mes élèves de seconde pour qu’ils choisissent cette spécialité ?
  • Le programme de 1ère concerne les périodes historiques les plus lointaines, du moyen-âge au XVIIIème. Cela risque de paraître un peu austère aux élèves. Comment les inciter à poursuivre cet enseignement en terminale ?
  • Comment ne pas se répéter entre le programme de français qui traite de la littérature d’idées du XVIème au XVIIIème et le programme d’HLP ?
  • Quand aura-t-on des exemples de sujets de contrôle commun de la spécialité HLP ?
  • Comment sera organisé l’emploi du temps entre la littérature et la philosophie ?
  • Mon proviseur me dit qu’un prof d’histoire peut aussi intervenir dans cette spécialité. Est-ce vrai ?
  • Doit-on traiter les 6 thèmes prévus par le programme de 1ère ou puis-je en choisir certains ?
  • En 2h/semaine au maximum, comment faire pour traiter toutes ces questions ? Doit-on survoler chaque thème ?
  • Le programme nous dit que chacun peut construire son « propre itinéraire » : qu’est-ce qu’un « itinéraire » ? Une séquence ? Un groupement de textes ?…
  • Pourriez-vous nous donner un exemple d’itinéraire possible sur « l’homme et l’animal » par exemple au temps des lumières ?
  • Faut-il que tous les élèves qui prennent cette spécialité soient regrouper dans une même classe ?
  • Faut-il conseiller aux élèves de seconde qui choisissent HLP de choisir aussi LCA ou LLCE ou arts ? Ou faut-il les laisser complètement libres ?
  • Quelle entrée littéraire conseilleriez-vous sur « saint Hareng ou sainte Andouille » ?

Français :

  • Pourriez-vous nous proposer une progression réaliste pour les leçons de grammaire en 2de ? En 1ère ?
  • Combien de temps faut-il consacrer à l’enseignement de la grammaire sur une année ? Et par semaine ?
  • La grammaire sera-t-elle évaluée au bac ? Si oui, sous quelle forme ? Faudra-t-il prévoir une préparation spécifique ?
  • Pourriez-vous nous donner une liste des notions grammaticales à maitriser en fin de 2de ?
  • Dans le programme, il est question de « proposer des définitions de « subordination », de « focalisation ». Or ces définitions ne sont pas données. Pouvez-vous nous dire quelle définition enseigner ?
  • Les parties du programme « accords dans le GN et le GV, Le verbe, la phrase complexe » sont des révisions du programme de collège ou des contenus nouveaux ? Si oui, lesquels ?
  • Faut-il réserver les phrases négatives et l’expression de la négation à la classe de 1ère ?
  • Avez-vous une technique à nous proposer pour enseigner l’oral dans une classe de 37, sans accès régulier au numérique, bien sûr !
  • Quels sont les exercices du bac auxquels nous devons entrainer nos élèves de seconde et de première ? Rien n’apparait dans le programme…
  • Il est question plusieurs fois « d’écrit d’appropriation » ? De quelle appropriation s’agit-il ?
  • Le programme demande d’étudier et de faire lire surtout des œuvres intégrales : quel financement est prévu pour aider les familles dans ces achats ? Ou les lycées recevront-ils une dotation spécifique pour l’achat de ces ouvrages ?
  • Le programme d’œuvres en première va être renouvelé par moitié : comment cela va-t-il se passer ?
  • Pourquoi nous imposer de choisir, pour chaque objet d’étude, une œuvre parmi 3 ? Pourquoi ne pas laisser le choix totalement libre à l’intérieur de l’objet d’étude ?
  • Quelles seront les œuvres au programme pour la rentrée ? Je ne voudrais pas avoir à tout préparer pendant l’été.
  • La méthode de l’explication de texte est laissée au libre choix de l’enseignant·e. Pouvez-vous nous donner des exemples des méthodes possibles ?
  • Sur quoi les élèves seront-ils interrogés à l’oral de l’EAF ?
  • Faudra-t-il encore établir un descriptif des activités ? Sous quelle forme ?
  • On ne peut plus choisir les œuvres sur lesquelles on travaille, en première. Ne craignez-vous pas une forte diminution de l’attractivité du métier de professeur de lettres dans ces conditions ?
  • Qui va choisir ces œuvres au programme ?
  • Les œuvres seront-elles différentes en séries technologiques et dans la voie générale ?
  • Si oui, avez-vous conscience de la masse de travail demandée ?
  • Pourrait-on dispenser les professeurs de lettres de la journée de carence et de l’obligation des 2HSA, étant donné cette augmentation de la charge de travail exigée par le programme ?

Autres articles de la rubrique 2de-1ère-Terminale