US 793 du 21 décembre 2019

Français au lycée : Le ministre doit prendre des décisions

Le SNES-FSU demande depuis des mois des aménagements des programmes et réclame en urgence moins de textes obligatoires pour l’oral de l’EAF.

La lourdeur des programmes, l’inflation du type d’exercices, l’introduction de nouvelles épreuves, et de façon générale le primat donné à la quantité au détriment de la qualité du contenu de l’enseignement affectent de manière préoccupante l’enseignement de la discipline et le métier de professeur de lettres.

L’enquête métier du SNES-FSU réalisée en octobre est parlante :
- 96 % des professeurs de lettres modernes déclarent avoir augmenté leur temps de travail et attribuent presque unanimement (96 %) cette charge de travail supplémentaire à la réforme du lycée ;
- 44 % affirment être débordés tous les jours (soit 10 points de plus que les résultats toutes disciplines confondues) ;
- 69 % signalent une dégradation de leur état de santé et 10 % avec arrêt de travail.

Le SNES-FSU à l’offensive

Depuis octobre, le SNES-FSU a alerté le ministre, l’inspection générale et le comité de suivi de la réforme du lycée. Il a demandé des aménagements en urgence : diminution du nombre de textes à étudier ; renouvellement du programme par quart et non par moitié tous les ans ; réduction du nombre d’œuvres complètes à lire en lecture cursive en Première et en Seconde.

Afin d’alléger la préparation de l’oral tout en gardant un corpus plus large pour l’écrit, il serait par exemple souhaitable en voie générale de n’interroger les élèves que sur quatre textes par objet d’étude (œuvre complète et parcours compris) et, en voie technologique, l’interrogation pourrait porter sur les objets d’étude romane, poésie et théâtre. Les autres textes lus ou étudiés en classe, notamment ceux de l’objet d’étude argumentation en voie technologique, pourraient figurer dans les textes complémentaires.

Le SNES-FSU partiellement entendu

Lors du dernier comité de suivi de la réforme du lycée, les copilotes ont annoncé faire dans les prochaines semaines des propositions au ministre : plutôt qu’un objectif fermé de 24 textes pour l’oral, une fourchette permettant de diminuer leur nombre, et un renouvellement par quart du programme plutôt que par moitié. Il y aurait un moratoire pour l’an prochain.

Des équipes ont déjà écrit à leurs IPR au sujet des difficultés rencontrées et exposé leurs demandes, n’hésitez pas à faire de même.

Sandrine Charrier

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