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Un film de Lenny Abrahamson (Grande Bretagne-Irlande)

"Franck" Sortie en salles le 4 février 2015.

Jeune auteur-compositeur rêvant de devenir une rock star, Jon croise par le plus grand des hasards le chemin d’un groupe de pop avant-gardiste qui se retrouve en panne d’un nouveau clavier.

Dès son entrée dans le groupe, il devient le protégé de Franck le leader, aussi fascinant que mystérieux, dont le visage est dissimulé par une grosse tête en papier mâché.

Entres moments de doute, des fulgurances de créativité, entre rapports fusionnels et crises de confiance, l’enregistrement du premier album et les concerts, ensemble ils vivront une aventure humaine tour à tour douloureuse et joyeuse depuis l’Irlande jusqu’au Texas.

Cinema : Frank

Franck Sidebottom est un artiste performer né le 25 août 1955 en Angleterre dont la particularité consistait en ce masque de papier mâché qui dissimulait son visage.

Mais " Franck " n’est pas un biopic. Le film ne raconte surtout pas la vie de l’artiste mais s’en est librement inspiré.

De telle sorte qu’on peut voir l’œuvre de Lenny Abrahamson sans se référer au groupe pop auquel il fait référence, comme l’histoire d’une rencontre entre un musicien auteur compositeur et un groupe déjà constitué, son intégration houleuse parmi les participants.

Car " Franck ", par sa tonalité originale mêlant le drame à la comédie est un film singulier qui nous entraîne dans une drôle de ballade narrative.

Le déroulement du récit chaotique prend appui sur le personnage de Franck dont on ne verra le visage qu’à la fin et qui, à travers ses apparence grotesques et décalées, trouve le moyen, on ne sait pas par quelle magie, de produire une émotion souterraine, latente, de distiller une sorte d’inquiétude qui peut se rallier à la naïveté des personnages, à leur façon de vivre en marge.

Si le film est nourri de cette curieuse apparition, il l’est tout autant par celles des différents protagonistes de l’histoire qui sont plus des "présences" que des personnages, par les événements dramatiques qui surviennent et surprennent.

A ces occasions, le film décolle de la réalité, plonge dans d’autres ambiances et conduit plus loin l’évènement en accédant à d’autres domaines et à des sortes de rituels qui sont en font des cérémonies improvisées.

Une œuvre atypique tant par son inspiration, son traitement que par sa construction. On s’y perd parfois mais le charme opère et le fil narratif n’est jamais loin malgré les digressions et les extravagances.

Francis Dubois

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