Actualité théâtrale

au Théâtre du Rond-Point jusqu’au 11 décembre

"Funérailles d’hiver" de Hanokh Levin - mise en scène de Laurent Pelly

Hanokh Levin, né en 1943 à Tel-Aviv, est décédé en 1999. Il laisse une œuvre considérable qui fait de lui une figure essentielle de la culture israélienne contemporaine.
"Funérailles d’hiver" est une farce burlesque reposant sur des situations liées au quotidien mais décalées à la faveur, dans un premier temps, d’un dialogue touchant à l’absurde et, dans un deuxième temps, d’un basculement du récit dans le fantastique Les personnages sont contrastés et chacun dispose d’une partition qui définit une silhouette particulière.
En ouverture, un homme veille sur l’agonie de sa vieille mère. On apprend de la bouche de la moribonde que sa propre mort qui, comme elle le pressent, aurait lieu très prochainement, va venir contrarier les noces de Vélvetsia et Popotshenko prévues pour le lendemain. Mais regrette-t-elle l’ajournement du mariage ou le fait qu’elle va rater une fête de famille ?
Que choisir entre les noces et les obsèques ? Shratzia, la cousine, une femme de tête va trancher : on passera la mort sous silence et la noce aura lieu comme prévu.
Et pour échapper jusqu’au lendemain à la réalité du deuil qui compromettrait le projet, les personnages vont fuir, se rendre inaccessibles, se retrouver en des lieux improbables, face à des situations invraisemblables, cocasses ou dramatiques et leur fuite va se transformer en road-movie fantastique et délirante qui les conduira jusqu’au sommet de l’Himalaya.
La mise en scène de Laurent Pelly ne retient du texte que son côté burlesque et le spectacle qu’il propose est une farce parfois un peu trop appuyée. On s’agite beaucoup sur le plateau, on force un peu le trait mais pourquoi avoir demandé à Christine Murillo, comédienne subtile, qui joue la cousine Shratzia, de vociférer autant, de doubler ses agitations d’une voix forte pour ne pas dire criarde. Il semble que le langage d’Hanokh Levin qui est drôle, musical, parfois proche de délires verbaux à la Ionesco, aurait mérité plus de mesure.
Mais Laurent Pelly a sans doute eu raison puisque le public rit beaucoup…
Francis Dubois

Théâtre du Rond-Point
2 bis Avenue Franklin Roosevelt
75 008 Paris
Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits mais sur réservation impérative) : 01 44 95 98 21, ou 08 92 70 16 03
et sur www.theatredurondpoint.fr

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « Adishatz /Adieu »
    Jonathan Capdevielle apparaît seul sur scène et entonne à capella avec son timbre de haute-contre les tubes de Madonna ou, avec l’accent de Tarbes, des chansons de Francis Cabrel, des chants... Lire la suite (18 décembre)
  • A propos des "3 sœurs" et du théâtre à deux vitesses
    Les « Trois sœurs » qu’on peut voir encore jusqu’au 22 décembre à l’Odéon Théâtre de l’Europe a été diversement accueilli. Il y ceux qui ont encensé le spectacle (voir la critique de Micheline Rousselet,... Lire la suite (15 décembre)
  • « Rémi Larrousse, Songes d’un illusionniste »
    Nous rêvons tous. Que nous révèlent nos rêves ? Cauchemars ou fantasmes, que signifient-ils ? Pour certains ils sont prémonitoires, d’autres y voient le rappel d’un passé oublié ou enfoui. Rémi... Lire la suite (14 décembre)
  • « Cap au pire »
    Cap au pire est l’un des derniers textes écrits par Beckett, un texte écrit en anglais et qu’il ne s’était pas résigné à traduire comme s’il avait hésité à se relancer dans ce dédale, un texte destiné à... Lire la suite (13 décembre)
  • « Probablement les Bahamas » de Martin Crimp
    Milly et Franck savourent le confort de leur cottage où s’annonce pour eux une retraite paisible. Ils ont même à leurs côtés pour faire barrage à leur solitude, la présence rassurante d’une étudiante... Lire la suite (13 décembre)