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Fusion SES - PFEG en seconde La fuite en avant : réduire les choix en détruisant les identités des séries

A la demande du ministre de l’éducation nationale, la mission d’accompagnement de la réforme des lycées a remis le mois dernier (mars 2012) un rapport sur la mise en œuvre de la réforme des lycées. Evoquant la situation des enseignements d’exploration d’économie en seconde – SES et PFEG – le rapport note que « la très grande majorité des chefs d’établissement se déclare favorable à l’introduction d’un enseignement unique d’introduction à l’économie qui marierait SES et PFEG ». En invoquant l’article 34 de la loi du 23 avril 2005 permettant, au titre de l’expérimentation de créer un enseignement unique d’économie qui pourrait aller jusqu’à « écrire un programme mariant des thèmes propres à chacun des deux enseignements », le rapport suggère de généraliser ce que « des » lycées auraient déjà mis en place dans « pratiquement toutes les académies ».

La circulaire de rentrée parue le 27 mars dernier emboîte le pas au rapport : « afin de donner aux élèves une culture économique indispensable à la compréhension du monde actuel et de renforcer le caractère non déterminant du choix opéré pour l’un des deux enseignements proposés dans ce domaine, l’offre, à titre expérimental, d’un enseignement à caractère économique mettant en jeu les éléments relevant à la fois des sciences économiques et sociales et des principes fondamentaux de l’économie et de la gestion, peut être envisagée ».

Outre le fait qu’il ne soit ni sûr ni souhaitable que la réécriture d’un programme puisse être de la compétence d’un établissement, le ministère n’entend ni réévaluer les horaires à la hausse ni imposer un dédoublement obligatoire pour ce « nouvel » enseignement.

Une telle fusion conduirait nécessairement à privilégier ce que les deux enseignements d’exploration ont en commun, à savoir l’économie (le comportement de l’entreprise, le comportement du consommateur…) et à exclure ce qui est constitutif de l’identité des disciplines (et ultérieurement des séries), à savoir la sociologie pour les SES, la démarche technologique pour les PFEG.

A propos de cette dernière, le SNES estime que le nouveau programme de PFEG rompt déjà avec cette logique et réduit l’approche technologique à « une prise de connaissance d’une situation », approche concrète, certes indispensable, mais vidée de son sens, faute d’articuler étroitement démarches et contenus, avec un cadre technologique inspiré de champs technologiques clairement identifiés et de leurs savoirs propres. Ce nouveau programme nie de fait la troisième voie de réussite entre l’enseignement général et l’enseignement professionnel, à savoir, la voie technologique. La fusion proposée parachèvera ce processus en enfermant définitivement les PFEG dans une logique généraliste qui brouillera encore plus les pistes d’une orientation éclairée.

En SES, le croisement des regards disciplinaires et les débats que doivent susciter le pluralisme des approches, déjà sur le déclin (l’entreprise reste par exemple une entité purement économique : pas de dimension sociale et humaine…), seront condamnés, parce que le regard du sociologue, déjà largement « isolé » sur des items particuliers, risque d’être totalement évincé de la « réécriture locale et expérimentale » des programmes.

Pour toutes ces raisons, le SNES condamne fortement cette tentative de fusion, expérimentale aujourd’hui, sans doute générale demain, de réduction du champ de la culture commune, de destruction des identités disciplinaires et d’abandon de la culture technologique en seconde. Il appelle les enseignants de SES et de PFEG à refuser cette expérimentation.

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