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Un film de Fellipe Barbosa (Brésil – France)

« Gabriel et la montagne » Sortie en salles le 30 août 2017.

Gabriel est aventurier dans l’âme, un jeune homme enthousiaste dont l’œil étincelle de malice et d’appétit de vivre.

Avant de finir ses études dans une prestigieuse université américaine, il a décidé de partir faire le tour du monde afin d’étudier la misère dans le continent africain.

Après dix mois d’immersion dans de nombreux pays, son idéalisme et sa bonne humeur en bandoulière, il arrive au Kenya où il passe quelques semaines passionnées et houleuses en compagnie de Chris, sa copine venue le rejoindre.

De là, après le départ de celle-ci, il décide de gravir le Mont Mulanje au Malawi. Il fausse compagnie à son guide et part seul pour une expédition périlleuse.

Égaré dans les nappes de brumes, affamé et à bout de force, il disparaît et on ne retrouve son corps que des jours plus tard sous un rocher où il s’était mis à l’abri....

Cinéma : Gabriel et la montagne

Gabriel était le camarade de classe et ami de Fellipe Barbosa. Ils ne s’étaient jamais perdus de vue depuis les années lycée. Avec ce long métrage, le réalisateur brésilien a voulu lui rendre hommage. Si le personnage de Gabriel et celui de Chris, sa compagne, sont interprétés par des comédiens professionnels, les hommes et femmes que le voyageur rencontre au cours de son périple et qui apparaissent dans le film sont joués par les protagonistes eux mêmes.

A la fois, tous donnent la réplique au comédien Joào Pedro Zappa en même temps qu’ils témoignent et reviennent sur cette rencontre qu’ils ont faite avec un être à propos duquel chacun ne tarit pas d’éloges.

Et leurs témoignages souvent bouleversants viennent compléter le personnage tout en contrastes, charismatique et presque enfant de Gabriel.

Le film de Fellipe Barbosa est d’autant plus touchant qu’il s’ouvre sur une longue séquence montrant deux paysans malawiens travaillant au milieu d’un paysage ample et magnifique.

L’un d’eux interrompt le mouvement de sa faucille et appelle son compagnon : il vient de découvrir sous un rocher le corps de l’homme blanc qu’on recherche depuis des semaines.

La caméra cherche et trouve le cadavre intact et à la séquence suivante, comme s’il s’agissait d’une résurrection, Gabriel apparaît dans le cadre resplendissant de toute sa malice et de tout son appétit de vivre...

La question de savoir comment Gabriel a échoué dans cet endroit entretient un léger suspense qui tient tout au long du film.

En dehors du fait que chaque rencontre est un moment d’humanité, souvent d’amitié spontanée, que chacune constitue un mini film dans le film et traite une histoire à part entière, chaque nouveau voyage entrepris par Gabriel est filmé comme une aventure et Fellipe Barbosa prend même le temps de faire des retrouvailles de Gabriel et Chris au Kenya une histoire d’amour en réduction entre deux êtres passionnés qui se découvrent avec les aléas du moment de la découverte mutuelle.

Mais le film de Fellipe Barbosa en plus de ses qualités documentaires et esthétiques (les paysages et les villages africains sont pourtant filmés avec une grande simplicité) bénéficie de la présence à l’image d’un comédien sublime qui rend le personnage de Gabriel attachant à la fois par sa bonne humeur, son sourire incomparable et son imprévisibilité.

Sa façon de prendre la vie à bras le corps le destinait à un avenir de gagnant et les études auxquelles il se préparait, à rester en accord avec lui-même.

Un très beau film, ample et généreux. Une rencontre avec un être à la fois ordinaire et rare...

Francis Dubois

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