Communiqués

Garde à vue de trois lycéens à Marseille : un abus de pouvoir

Le SNES-FSU dénonce les circonstances dans lesquelles trois lycéens marseillais ont été placés en garde à vue pendant plusieurs heures fin mars pour avoir insulté une élève dont la mère est commandant de police.

Le 26 mars dernier, après une dispute qui s’est déroulée devant le lycée Antonin ARTAUD dans le 13e arrondissement de Marseille, douze policiers de la commune de Plan-de-Cuques, commandés par la mère de l’élève insultée se sont rendus au lycée et ont demandé que les trois élèves « leur soient amenés sur le champ », avant de les conduire au commissariat où ils ont été fouillés à nu, menottés, avant prise d’empreintes, de photos et prélèvement ADN.

La section SNES de l’établissement a communiqué pour faire connaître ces faits et les dénoncer, rappelant que la police n’avait pas à intervenir au lycée Artaud, puisqu’il n’y avait ni flagrant délit, ni plainte, ni commission rogatoire, ni demande du Proviseur. Elle s’est en outre étonnée que soient intervenus des fonctionnaires de police d’un commissariat qui n’a pas cet établissement scolaire dans son périmètre de responsabilité.

La direction départementale de la sécurité publique a cependant affirmé qu’une enquête interne allait être menée et la préfecture a estimé que cette intervention de police « a eu lieu dans des circonstances discutables ». Le préfet délégué pour la sécurité et à la défense a saisi l’IGPN afin de déterminer les circonstances de l’interpellation, et les responsabilités de chacun dans le déroulé de la procédure. Enfin, le directeur départemental de la sécurité publique s’est engagé à ne pas enregistrer dans les fichiers les empreintes des lycéens interpellés et a demandé au procureur de la République l’annulation de l’inscription des informations au fichier STIC sous réserve qu’aucune poursuite judiciaire ne soit retenue.

Alors que se déroulent les états généraux de la sécurité à l’école, le SNES rappelle que c’est essentiellement par la prévention et l’éducation que les comportements violents reculeront. Ce n’est pas l’exemple offert par des comportements policiers illégitimes et illégaux qui contribuera à donner à nos élèves le sens du respect de l’autre.

Le SNES sera vigilant sur les suites données à cette affaire et veillera à ce que les promesses faites par la direction départementale de la sécurité publique soient suivies d’effet.

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