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Un film de Franco Lolli (Colombie)

"Gente de bien" Sortie en salles le 18 mars 2015

Sa mère ne pouvant le garder auprès d’elle pour une période indéterminée, Eric dix ans, se retrouve, du jour au lendemain, obligé de vivre avec son père qu’il connaît à peine.

Voyant l’embarras que connaissent le père et le fils à cohabiter et la difficulté que Gabriel a, à subvenir à leurs besoins, Maria Isabel, la femme riche pour qui Gabriel travaille comme menuisier, décide d’accueillir le père et le fils sous son luxueux toit.

Après avoir, au cours d’une courte scène de rencontre, exposé la situation sociale des parents séparés d’Eric, Franco Lolli nous intéresse plus spécialement aux conditions de vie plus que modestes que Gabriel peut offrir à son fils ; lequel semble très vite ne pas se satisfaire d’une pièce à vivre unique, d’un couchage et d’étagères de rangement rudimentaires. A travers ses exigences, le refus à vivre dans de telles conditions, on perçoit très vite la forte personnalité d’un gamin.
Lupe, le chien d’Eric, prend de plus en plus de place dans la vie du père et du fils et on devine, à l’importance que le récit lui donnera par la suite.

La première fois où Gabriel, convoqué pour un travail de menuiserie, entre avec Eric dans la maison bourgeoise de Maria Isabel, une scène assez violente entre celle-ci et sa fille donnent à penser que la famille qui l’emploie est sans doute d’origine modeste qu’un enrichissement récent a conduit à vivre dans un certain luxe.

Le personnage de Maria Isabel, pour prendre en compte la pauvreté de Gabriel, semble avoir connu des situations financières bien moins glorieuses. Pour ne pas faire la charité à l’homme désargenté, elle lui trouve à réaliser des travaux sinon inutiles, du moins peu urgents.
culture/cinéma
La proposition que fait Maria Isabel à Gabriel de s’installer pendant leur durée sous son toit conduit " Gente de bien" au cœur de son sujet. La cohabitation de deux mondes différents s’avère bien plus difficile à vivre pour la classe sociale inférieure.
La démarche de charité est valorisante pour les riches, elle l’est beaucoup moins pour les pauvres qu’elle renvoie à leur condition.
Et même si le métier de Gabriel entretient l’idée qu’il faut, pour l’exercer, avoir un rapport noble aux choses et à la matière, il creuse lui-même entre son fils et lui, et la famille de son employeuse, un fossé qui, peut-être n’existait pas réellement.
C’est Gabriel qui, ne supportant pas la situation, interrompra le contrat avant de mesurer son degré de pauvreté quand, faute d’argent, il lui faudra prendre, avec l’accord d’Eric, la décision de faire piquer Lupe et de renoncer à un traitement qui aurait pu lui prolonger la vie.

La mort du chien qui occupe le dernier quart d’heure du récit est à la fois un déchirement pour Eric qui y était très attaché. Mais, cette épreuve que le père et le fils partageront, non seulement servira à les rapprocher l’un de l’autre ainsi qu’à établir de nouvelles bases d’une vie commune amenée peut-être à durer.

Un récit en demi-teinte. Une allégorie. Un conte moral. En tous cas un film à voir.
Francis Dubois

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