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Un film de Gianni di Gregorio (Italie)

"Gianni et les femmes" Sortie en salles le 1er juin 2011

Gianni, la soixantaine, est ce qu’on appelle communément une "bonne pâte". Il obéit au doigt et à l’œil à sa vieille mère, une noble déchue qui vit au-dessus de ses moyens et multiplie les caprices, répond sans réagir aux exigences de son épouse débordée, s’accommode de voir vivre chez lui le fiancé dilettante de sa fille, étudiante nonchalante. Ce qui ne l’empêche pas de faire, à l’occasion, des courses pour sa jeune voisine et d’aller promener son chien au parc…
Mais voilà que son ami de toujours, Alfonso, lui glisse dans l’oreille qu’il est à la traîne, que tous les hommes de son âge et des plus respectables, ont une maîtresse et qu’il devrait lui aussi toutes affaires cessantes, adoucir sa vie de retraité avec une liaison clandestine.
Et le voilà qui, pour ne pas contrarier son vieil ami, se lance à la recherche de l’amante qui conviendrait. Il pense à sa jeune voisine tendre et fantasque, à Valeria son premier amour avec qui il renoue pour l’occasion ou à Cristina, l’aide à domicile de sa mère, callipyge s’il en est.
Mais faut-il vraiment, comme le prétend Alfonso, pour être un sexagénaire épanoui, se lancer à tout prix, dans la conquête d’une autre femme.
Gianni n’en est pas si sûr !
Avec son personnage, Gianni di Gregorio renoue avec le cinéma italien des années 60-70 dont les héros étaient souvent des hommes pleutres battant retraite au moment de s’engager ou choisissant entre deux, la voie de la facilité.
Gianni aurait pu, à l’époque, être joué par un Alberto Sordi ou un Marcello Mastroiani et le récit convenir à Vittorio de Sica, Pietro Germi ou Scola.
Pourtant le ton a changé. Nous ne sommes plus ici dans la charge sociale, dans le trait appuyé de la caricature, mais dans une légèreté qui sert aussi bien la drôlerie des situations que la gravité du propos. Et le jeu des comédiens est beaucoup plus nuancé.
Gianni est un homme ordinaire plutôt discret, ni grimé, ni gominé et l’émotion qui émane de ses maladresses et de ses élans sincères à vouloir concilier une moitié du monde avec l’autre, permet au récit, avec la douceur qui en résulte, de traverser clichés et situations éculées sans en souffrir.
On connaît par cœur la mère italienne abusive vieillissante capricieuse et fantasque qui rallie chacun à ses caprices, l’épouse un peu matrone qui a passé la main pour ce qui est de la gaudriole, l’infirmière dodue qui n’ignore rien de l’effet que produit chaque ondulation de sa personne ou l’ami lubrique mauvais conseiller. Et pourtant chacun renouvelle sa silhouette, les partitions trouvent un autre ton et le récit une efficace légèreté.
"Le déjeuner du 15 aoû
t", le film précédent de Gianni Di Gregorio avait été salué par la critique, suivi par le public et avait remporté en 2009, à la Mostra de Venise, le Prix du meilleur premier film.
"Gianni et les femmes" qui était présent au Festival de Berlin 2011 est un divertissement de qualité qui devrait séduire tout autant les amateurs de comédies légères que le public le plus exigeant.
Francis Dubois

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