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Un film de Laure Charpentier (France)

"Gigola" Sortie en salles le 19 janvier 2011

George, pensionnaire dans un établissement pour jeunes filles de bonnes familles, vit une histoire amoureuse passionnée avec Sybil, l’un de ses professeurs.
Lorsque Sybil met fin à ses jours, George décide de lui rester fidèle et de ne plus jamais aimer personne. Pour être certaine de tenir son serment, elle fait le choix d’une vie dissolue allant d’une rencontre éphémère à une autre.

Elle se prend au jeu et George devient Gigola, un personnage montmartrois reconnu, une sorte de gigolo pour dames.
Le film de Laure Charpentier est tiré d’un roman paru initialement dans les années soixante dix chez Jean-Jacques Pauvert, aussitôt censuré pour ses scènes érotiques puis réédité aux Editions Fayard en 2002 et en attente d’une nouvelle parution en 2011.
Il y avait sans doute toute matière dans le choix narratif de Laure Charpentier de réussir un beau film singulier sur une période aux mœurs provocantes et sur la ribambelle de personnages hauts en couleur qui hantaient ces cabarets montmartrois dont on citait les noms à voix basse.
Il n’est d’ailleurs pas tout à fait certain que la réalisatrice ait raté son film. Il est même à peu près certain qu’elle l’ait réussi en grande partie. Et c’est dans l’hésitation qu’il suscite à propos de ses qualités que "Gigola" est une œuvre intéressante.
Le Montmartre de pacotille, le Pigalle folklorique que hantent ces filles en costumes pantalons, cheveux lissés coupés à la garçonne n’est une toile de fond convaincante que si elle garde son apparence de carton pâte et l’histoire elle-même ne tient debout que si elle reste dans la tonalité du roman photo. Et là, tout est à sa place. Le père de George-Gigola est un artiste raté, sa mère une fervente catholique priant à genou, la psychiatre, sosie de Sybil faiblira face aux charmes de la gigolette et la meilleure des filles, chanteuse de cabaret, succombera sous les balles, injustement. Quant au souteneur corse, il cache sous ses airs de dur, une âme sensible et romantique.
La seule faiblesse du film serait-elle alors liée au choix de la comédienne qui joue Gigola ?
Lou Doillon semble d’un bout à l’autre tellement empruntée, ne sachant que faire de sa canne à pommeau d’argent, des ses costumes à la coupe si parfaite et de ses regards interchangeables, le même servant aussi bien à traduire l’émotion que l’humour.
Mais là encore, l’interprétation maladroite de Lou Doillon pourrait bien être une ruse, un faux semblant et se changer selon le regard qu’on lui porte, en une vraie composition…
Francis Dubois

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