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Un film de Rani Massalha (France-Palestine)

"Girafada" Sortie en salles le 23 avril 2014

Il existe encore un zoo à Qalqilya, en Palestine, non loin de Naplouse. Mais celui-ci, encerclé par le mur et sans cesse menacé par les bombardements, a du mal à subsister.

Yacine qui vit seul avec son jeune fils Ziad, en est le vétérinaire. Mais les moyens manquent pour entretenir les locaux, soigner les animaux et les médicaments qui lui parviennent sont souvent périmés.

Ziad qui a une passion pour les pensionnaires du zoo, voue une affection toute particulière à un couple de girafes dont il s’occupe personnellement.

Une nuit, après un raid aérien, le mâle périt. La femelle, privée de son compagnon, cesse de s’alimenter et se laisse mourir.

Il existe bien des girafes en surnombre dans un zoo de Tel-Aviv et Yoav Alon, son directeur, un ami de Yacine, serait prêt à lui céder un mâle mais comment opérer pour effectuer le transfert de l’animal d’Israël en Palestine sans le faire clandestinement.

L’aide d’une journaliste, celle précieuse de Ziad et une bonne dose de ruse, suffiront-ils à mener à bien le projet ?

Le zoo de Qalqilya existe bien et c’est bien le seul de toute la Palestine. En 2003, au moment de la seconde intifada, une girafe y est bien morte à la suite de bombardements. De nombreux médias ont relayé l’événement comme un fait mineur mais symboliquement fort.

Une journaliste anglaise lui a consacré un livre : "The zoo on the road to Naplouse" . Un réalisateur néo-zélandais, Hayden Campbell en a fait le sujet d’un documentaire : "The zoo" et, en 2005, l’artiste allemand Peter Friedle a exposé la girafe empaillée à la Documenta à Kassell, célèbre exposition d’art contemporain.

L’idée d’écrire un scénario de cinéma sur le sujet était une bonne idée. Cependant, le résultat à l’écran est un peu décevant, sans doute parce qu’il a été traité à la manière d’une fable à destination d’un jeune public alors que le prétexte aurait pu donner lieu à une vraie réflexion sur le conflit israélo-palestinien et se mesurer aux nombreuses productions qui ont traité du problème au cours de cette dernière décennie.

Même si tous les ingrédients narratifs sont réunis pour dénoncer l’absurdité de ce conflit, le traitement trop inspiré des codes du conte affaiblit le propos et les différentes difficultés auxquelles sont confrontés la journaliste, le vétérinaire et son fils ne dépassent jamais les limites d’une démonstration appliquée, à hauteur d’enfant. Le récit prend la forme d’un film d’aventures dont on finit par oublier qu’il a puisé ses racines dans une douloureuse et tragique actualité.

Pourtant, la réalisation de Rani Massalha n’est pas sans qualité. Le fait qu’il ait été tourné sur les vrais lieux, sans avoir recours à des reconstitutions de villes, crée une atmosphère d’authenticité qui fait d’autant plus regretter que le traitement du sujet soit un peu "court".

Les séquences tournées à Naplouse, au milieu des ruines de cette ville millénaire sont belles et émouvantes.

Francis Dubois

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