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Un film de Sebastiàn Lelio (Chili)

"Gloria" Sortie en salles le 19 février 2014.

A cinquante-huit ans, Gloria est une femme seule mais énergique et dotée d’un solide appétit de vivre. Ses deux enfants ne lui donnant pas souvent signe de vie, elle s’est organisée pour occuper son temps libre.

Dans le dancing de Santiago où elle se rend régulièrement, elle rencontre Rodolfo, un divorcé

un peu plus âgé qu’elle, aimant et attentionné.

Dès lors, sa vie change et auprès de son compagnon, elle savoure les plaisirs d’une passion tumultueuse à laquelle elle ne croyait plus.

Mais Rodolfo a une vie compliquée, deux filles adultes et célibataires, possessives et dépendantes, affectivement et financièrement de leur père.

Au bout d’une période alternant espoir et de désillusions, Gloria qui n’aime pas les demi-mesures, finit par rompre et se retrouve seule, face à la nécessité de réorganiser, une fois de plus, sa vie.

"Gloria" est avant tout un superbe portrait de femme magnifiquement servi par la comédienne chilienne Paulina Garcia.

Dès les premières images du film, le personnage s’impose, à la fois limpide et complexe avec tout ce qu’il comporte de ferme volonté et de fragilité.

La rencontre inespérée avec Rodolfo lui restitue tout ce qui était enfoui de la femme passionnée qui sommeillait en elle depuis de nombreuses années.

Autour de cette rencontre, elle va trouver la force de reconstruire sa vie, de reconquérir l’attention de ses enfants, de se passionner pour son travail, de redécouvrir le goût des plaisirs simples, de retrouver, sans complexes, la saveur des élans puérils.

"Gloria" est un film sur la solitude, sur la difficulté de reconstruire une vie nouvelle quand l’âge a forgé une rigidité dans les habitudes et dans les exigences profondes.

Il y a, dans la décision de rupture de Gloria, une sorte de fatalité et peut-être en arrière-plan, le désir de revenir à une solitude qui serait la pente naturelle du vieillissement de l’individu.

Le retour à ses habitudes de femme seule semble procurer à Gloria, une sorte de plaisir essentiel et la brutalité avec laquelle elle rompt avec son passé récent, est une preuve que sa liaison représentait plus de contraintes que de liberté.

Dommage que les qualités du film se trouvent parfois un peu submergées par un étirement du récit. Il eut fallu tailler au montage dans certaines redondances, des répétitions inutiles, des tâtonnements narratifs.

Le film de Sebastiàn Lelio aurait ainsi accordé à son sujet et à son personnage, une force qui parfois, se perd en chemin.

Francis Dubois

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