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Un film d’Andrew Niccol (USA)

"Good Kill" Sortie en salles le 22 avril 2015.

Le commandant Tonny Egan, marié et père de deux jeunes enfants, était pilote aux commandes d’un F-16 et intervenait en Irak et en Afghanistan.

Mais dès lors que de nouvelles méthodes guerrières sont apparues, il ne pilote plus et s’il effectue toujours des missions dans ces parties du monde, c’est depuis un tout autre cockpit.

Il est devenu "pilote" de missiles et opère par télécommande interposée depuis un bloc climatisé à des milliers de kilomètres des lieux ciblés, sur une base située dans la région de Las-Vegas.

Tonny Egan ne se remet pas de la disparition des vols et il souffre de psychose traumatique.

Il est un blessé de guerre par frustration puisqu’il se bat à l’autre bout du monde, sans bouger de son poste de commande, à l’abri de tout danger.

Car le danger et la peur qu’il ressentait lui manquent, les moments d’angoisse qui accompagnaient les interventions.

Il est devenu une sorte de fonctionnaire de la guerre et le malaise qu’il ressent a des répercussions sur sa vie personnelle.

Sa relation avec sa femme devient conflictuelle au point que le couple vacille, il se met à boire et des questions sur la valeur finale de sa mission le taraudent.

Cinéma : Good kill

"Good Kill " parle de la nouvelle schizophrénie de la guerre et des problèmes moraux qu’entraîne l’utilisation de cette technologie révolutionnaire.

Car ces nouvelles méthodes de guerre à distance qui sont d’une précision chirurgicale ne sont-elles pas à même d’entretenir les conflits, de déborder les limites de la cible ? Car comment, lorsque le tir est lancé, dans les dix secondes qui précèdent l’explosion, éviter le passage d’enfants ou autres personnes innocentes ?

Lutter de cette façon contre le terrorisme revient à terroriser des populations qui se terrent chez elles, ne se réunissent plus sur une place, de crainte d’être prises pour un groupe de terroristes.

La guerre à distance par lancements de missiles baisse considérablement le coût financier des conflits armés.

Elle facilité l’entrée en guerre des états puisqu’elle ne nécessite plus de présence militaire sur le terrain et diminue le nombre de pertes humaines.

Si le film d’Andrew Niccol est une fiction traditionnelle bien construite et bien menée, il est aussi un documentaire sur les nouvelles pratiques guerrières qui en finissent définitivement avec ce que la guerre, dans son horreur, avait encore "d’humain".

Il s’agit maintenant de ne pas prendre " Good kill " pour un film de science-fiction. Les pratiques qu’ils relatent - même si elles sont redoutablement réelles - peuvent aussi s’apparenter à des jeux vidéos.

Non, "Good kill" est un film sur nos nouvelles façons, encore plus aveugles, encore plus inhumaines, de faire la guerre.

Le terrible engrenage est lancé…

Francis Dubois

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