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Un film de Nadir Moknèche (France-Maroc)

"Goodbye Morocco" Sortie en salles le 13 février 2013

Dounia est une jeune femme farouche et ambitieuse. Divorcée, mère d’un garçon d’une dizaine d’années, elle partage sa vie avec Dimitri, un architecte serbe.

Le fait que cette liaison soit mal perçue par la famille marocaine alimente son projet de quitter le pays. Pour s’établir ailleurs, il faudrait plus d’argent que le couple n’en possède.

Dounia et Dimitri dirigent un chantier immobilier dont le terrassement a mis à jour des vestiges chrétiens du IVème siècle ornés de fresques.

Dounia se lance alors dans un trafic lucratif, espérant réunir très vite la somme qui ui permettrait de partir.

Mais un ouvrier africain du chantier succombe aux morsures des chiens de garde, dans l’enceinte du chantier où il s’était introduit clandestinement une nuit.

Dounia, aidée de son ami d’enfance Ali, font disparaître le corps en haute mer.

La plus grosse difficulté à laquelle se heurte Nadir Moknèche dans son récit, tient au personnage de Dounia

Au cinéma, les femmes dures et autoritaires ont du mal à exister et à garder le cap de la détermination initiale. A plus forte raison, quand il s’agit, comme ici, d’une femme arabe et Lubna Azabal paraît bien fluette pour porter sur ses épaules, la volonté destructrice de Mounia.

Du coup, ce sont les personnages secondaires, celui d’Ali, celui des deux gardiens du chantier ou celui de Fersen, le projectionniste amant du jeune africain disparu, qui conservent au film son caractère de thriller à cheval sur plusieurs genres, le policier, le film d’aventures et le film d’amour contrarié par les effets de la jalousie.

Dans l’intention, "Goodbye Morocco" s’apparente aux vieux classiques du film noir exotique.. Le cadre, les paysages marocains, la lumière blanche de Tanger, les personnages louches y contribuent et Nadir Moknèche va jusqu’à faire apparaître dans une scène, la chanteuse de cabaret sirupeuse, personnage incontournable dans les polars des années cinquante soixante.

Mais même si les clichés se succèdent (le projectionniste homosexuel), le personnage pur au milieu de la tourmente, l’ami d’enfance amoureux de son ex-compagne de jeu, l’explication du couple dans un décor désertique, il reste assez de matière au récit pour qu’il nous intéresse, même hors de tout suspense.

Il s’en serait fallu de peu que " Goodbye Morocco " soit un film réussi. Un peu plus de mystère, de zones d’ombre, des personnages plus solidement construits, moins ternes et surtout une comédienne d’une autre trempe qui ne soit pas soucieuse, à chaque instant, de donner le change pour tenter d’être le personnage.

Francis Dubois

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