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Un film de Hong Sangsoo (Corée)

« Grass » Sortie en salles le 19 décembre 2018.

Au bout d’une allée, un café que personne ne s’attendrait à trouver là et dont les consommateurs ont en commun la même solitude et la surprenante facilité à lier conversation avec un voisin de table.

Ils s’assoient et questionnent, parlent d’eux-mêmes et c’est ainsi qu’au fil du temps, les clients se côtoient et apprennent à se connaître.

Une femme seule les observe qui semble mettre par écrit leurs conversations.

Alors que la nuit tombe, ils finissent par se regrouper à la même table et tous s’attardent dans le café.

Cinéma : Grass

Le film s’ouvre sur un alignement de pots en terre dans lesquels on voit de jeunes plants encore fragiles, tout frais éclos de la graine.

Puisqu’il s’agit de végétation, ces plans annonciateurs expliquent certainement le titre du film et si c’est la cas, il représente bien la fragilité des sujets des films de Hong Sangsoo, un sens aigu de l’observation, l’humour et l’espoir de réinventer le rapport entre des inconnus.

Areum est une jeune femme qui écrit mais qui se défend d’être écrivain. Elle observe les gens autour d’elle et note leurs échanges.

Kyungsoo quand il était enfant rêvait de devenir cinéaste. Aujourd’hui, à quarante ans, il tente d’écrire un scénario. Mais il a besoin de renouveau pour trouver l’inspiration. Il va demander à Areum et à Jiyoung de lui consacrer un peu de leur temps afin de l’aider à relancer son écriture.

Changsoo est un comédien sans projet, sans argent et qui n’a nulle part où aller. Il va tenter de trouver parmi les consommateurs quelqu’un qui accepterait de le loger deux ou trois jours...

Sunghwa retrouve pour la première fois depuis longtemps Changsoo qui lui demande de l’héberger et de l’entretenir quelques jours.
Jiyoung est écrivain. Elle connaît Kyungsoo qui lui demande si elle accepterait de passer un mois avec lui pour co-écrire un scénario.

Le magie du cinéma en apparence minimaliste de Hong Sangsoo réside dans cette faculté qu’il a à rendre passionnant de minuscules instants de vie, à mettre en présence des êtres qui sont capables d’échanger spontanément et de donner à leurs propos anodins un relief enjoué.

Alors que les postures sont quelquefois théâtrales, que le jeu des comédiens l’est aussi parfois, que les décors sont souvent artificiels, il émane des situations un réalisme et malgré la distanciation, une émotion surprenante.

On pourrait dire de Hong Sangsoo qu’il fait d’une fois à l’autre le même cinéma mais jamais le même film.

Francis Dubois

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