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Un film de Mahamat-Saleh Haroun (France)

"Grigris" Sortie en salles le 10 juillet 2013

Grigris souffre de la paralysie d’une jambe. A 25 ans, ce garçon plein d’énergie rêve de devenir danseur malgré son handicap. Il est amoureux de Mimi qui vit de ses charmes.

Ses rêves se brisent quand son oncle, qui lui a tenu lieu de père, tombe gravement malade.

Une forte somme d’argent est nécessaire aux soins hospitaliers et Grigris n’a d’autre solution, pour venir en aide à son vieux tuteur, que de se lancer dans le trafic d’essence.

Plus naïf que malhonnête, Grigris détourne une livraison de carburant et, de ce fait, tombe dans les griffes des trafiquants.

Il ne lui reste plus qu’une solution, fuir. La meilleure amie de Mimi vit dans la brousse au sein d’une communauté de femmes. Elle accueille les deux laissés-pour-compte, mais la mafia n’a pas perdu la trace des fuyards…

Mahamat-Saleh Haroun, metteur en scène tchadien, avait réalisé en 2010 " Un homme qui crie" doublement primé à Cannes (Prix du Jury) et à la Mostra de Venise (Prix Robert Bresson).

"Grigris" , c’est à la fois son atout et son handicap, tient du conte et du film de genre sans jamais vraiment parvenir à trouver sa véritable tonalité.

Et c’est dans ce flou narratif qu’il faut chercher l’essentiel de son plaisir de spectateur.

Le réalisateur voulait raconter une histoire sur le trafic d’essence à N’Djamena au Tchad, qui met sur le qui-vive les autorités du pays et donne lieu à des courses poursuites spectaculaires entre trafiquants inventifs et douaniers.

Dans le même temps, il rencontrait à Ouagadougou, Souleymane Démé, un danseur handicapé de la jambe gauche qui se produisait sur scène. Il tenait avec lui, son "héros".

L’association du personnage de Souleymane et du trafic d’essence allait donner naissance au projet de film.

Finalement, le trafic d’essence reste assez anecdotique pour ne servir que de prétexte au rapprochement des deux marginaux que sont Grigris et Mimi. L’un à cause de son handicap physique, l’autre qui, née d’un père français, doit porter une perruque afro pour tenter de s’intégrer à une communauté qui la rejette.

Ainsi, la confrontation entre le candide Grigris et les redoutables trafiquants donne lieu à des scènes qui n’appartiennent pas vraiment, de façon convaincante, au film de genre. Et c’est à la fuite des deux jeunes gens qu’il faut finalement se raccrocher pour trouver une vraie tonalité au film.

L’arrivée dans la brousse au sein de la communauté de femmes (Les hommes, travailleurs saisonniers, sont absents une longue partie de l’année) ne donne pas une vraie vigueur au film. Pas même lorsque les femmes sont contraintes, pour sauvegarder le jeune couple, de sacrifier le justicier (venu seul) abattre Grigris.

Le film, malgré ses tâtonnements, ses facilités narratives, ses articulations "cousues de fil blanc", n’est pas sans charme. Et c’est la candeur des personnages s’étendant au récit qui produit un attachement aux situations et une empathie pour ce Grigris et cette Mimi qui finiront par trouver loin de la ville dangereuse et bruyante, leur havre de paix.

Francis Dubois

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