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Un film de Edouard Joubeaud (France-Madagascar)

« Haingosoa » Sortie en salles le 4 mars 2020.

Haingo est une jeune mère célibataire malgache qui peine à joindre les deux bouts. Elle n’a pas les moyens d’acheter la blouse d’uniforme qui est la condition sine qua non pour que sa fillette soit inscrite à l’école. Une compagnie de danse de la capitale lui propose un contrat à l’essai. Haingo saisit l’opportunité même si elle doit quitter sa famille pour rejoindre Tananarive.

Elle ne dispose que de quelques jours pour apprendre une danse qui lui est complètement inconnue.

Mais son désir de réussir et de relever le défi est très fort...

Cinéma : Haingosoa

En 2010, Edouard Joubeaud se rend pour la première fois à Madagascar. Il apprend le malgache et rencontre un vivier d’artistes et parmi eux Remanindry, un musicien danseur de renommée internationale. Leur rencontre vire à l’amitié et il entre dans les sphères qui deviendront le berceau d’inspiration du film «  Haingosoa »

Edouard Joubeaud voit en Haingo, la fille cadette de Remanindry, le personnage de son premier long métrage. Grâce à la complicité qui s’établit entre eux se dessine très vite une histoire où le réel invite l’imaginaire. Le film s’inscrit donc dans une mixité fictionnelle et documentaire .

« Haingosoa  » a été tourné à Madagascar, entièrement en malgache et lorsque le réalisateur rencontre Haingo en 2015, elle a vingt ans et elle est mère d’une jeune enfant. Elle révèle une fêlure intime, l’épreuve d’être tombée enceinte à seize ans et la frustration de se trouver dans l’incapacité de pouvoir payer la scolarité de sa fille et d’avoir été rejetée par son fiancé dans les tout premiers mois de sa grossesse. Cette révélation deviendra le point de départ du film qui sera l’histoire d’une revanche sur la vie, le moyen d’envisager un autre horizon, de s’émanciper d’un passé douloureux et de regagner ainsi une fierté perdue.

La première partie du récit constitue l’exposition du film qui s’appuie sur le quotidien d’Haingo, sa famille, son réseau de relations, ses difficultés personnelles, l’atmosphère de la ville.
La seconde partie se déroule à Tananarive. Elle raconte le risque que prend la jeune femme en rejoignant la capitale, autant dire l’inconnu, sa détermination à relever le défi, son courage.

La trame de cette deuxième partie s’appuie sur la réalité socioculturelle du pays mais se nourrit surtout de fiction. C’est dans cette deuxième partie que l’histoire se déploie.

« Haingosoa  » allie le charme, la douceur d’un conte moderne à la peinture d’une réalité âpre, sur la nécessité de la migration à la recherche d’un avenir meilleur qui reflète la réalité socio-économique de Madagascar.

Le film met la lumière sur cette couche de population qui se bat, son courage, son potentiel et sa noblesse.

Francis Dubois

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