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Un film de Tatjana Bozic (Pays-Bas / Croatie)

"Happily Ever After" (Tribulations d’une amoureuse) Sortie en salles le 27 janvier 2016.

Tatjana est réalisatrice de films. Elle a enchaîné une série de relations amoureuses dans sa vie, qui se sont toutes soldées par des échecs.

Alors que son couple bat de l’aile, elle décide, caméra au poing d’en avoir le cœur net.

Elle décide de prendre la route pour retrouver un à un ses anciens amants et tenter de mieux comprendre, avec le recul, leur point de vue sur leur relation d’alors, les raisons pour lesquelles ça n’a pas fonctionné entre elle et chacun d’eux.

Le film retrace ce road-movie amoureux, décalé et sans concessions, à travers l’Europe.

Cinéma : happily Ever After

Il y a sept ans, Tatjana Bozic, suite à un nouvel échec amoureux, prend la décision de téléphoner systématiquement à chacun de ses ex-partenaires dans le but de les rencontrer.

Elle apprend qu’ils sont tous mariés, heureux en ménage, jusqu’à Nenad qui avait rompu avec elle au prétexte qu’il était gay et qui a fait sa vie avec...une femme.

Elle vient d’avoir trente-cinq ans. Elle est loin d’être laide. Elle est intelligente, épanouie, active et si ses histoires d’amour en ont fait une citoyenne du monde puisqu’elle a, au gré de ses rencontres chaque fois destinées à durer, vécu hors de son pays, à Londres ou à Moscou en passant par les Pays-Bas.

Ses retrouvailles avec Pavel, son premier amour romantique, Aleksei mystérieux et spirituel, Vjeran son coup de foudre, Frank, Rogier ou Jacob, vont-elles, comme elle l’espère (mais est-elle prête à tout entendre ?) apporter une réponse à un questionnement risqué sur elle-même ?

Il n’y avait guère de points communs entre les uns et les autres de ses amants et elle-même avait des stratégies différentes de séduction selon le partenaire, des attitudes avec chacun, qui pouvaient être changeantes, voire contrastées.

Ces différences vont se révéler avec le ressenti de chacun et son témoignage. Il y a ceux pour qui la rupture était impérative et il y a ceux qui expriment, face à elle, un fond de regret.

Mais le temps qui a passé est-il un filtre fiable et ces retrouvailles occasionnelles ne débouchent-elles pas, au fond, sur un constat peu gratifiant pour Tatjana ?

L’idée de réaliser un film sur le sujet, le désir pour la réalisatrice de mieux se connaître à partir de témoignages d’hommes qui ont partagé chacun un épisode de sa vie, paraît tout à fait légitime.

Le film qui en résulte a une belle vigueur, un rythme soutenu.

Mais la forme adoptée par la cinéaste, un montage un peu touffu alternant les épisodes anciens, les films des retrouvailles, des apartés confidentiels avec d’instant en instant des défilés de

visages de femmes inconnues (peut-être les rivales fantasmées liées à chaque histoire) provoquent parfois une impression de fouillis.

Mais ce qui pourrait apparaître comme un bric-à-brac d’images (les techniques de prises de vue sont diverses) n’est-il pas le reflet de ce que ressent de sa démarche risquée, une femme blessée par autant d’échecs accumulés et qui recherche, dans un état de confusion, un éclairage sur elle-même.

Les retrouvailles sont généralement des moments heureux, apaisés, des sortes de rencontres renouvelées et il résulte de l’ensemble, au bout du compte, une impression de recadrage satisfaisant…

Tatjana Bozic, avec son film, aura-t-elle trouvé réponse à sa question ?

Francis Dubois

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