Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Kim Seong-Hun (Corée du Sud)

"Hard day" Sortie en salles le 7 janvier 2015.

Alors qu’il est en route pour assister aux funérailles de sa mère, qu’ il essuie les reproches de sa sœur à propos de son retard, subit au téléphone les caprices de sa petite fille, le commissaire Ko Gun-Su renverse accidentellement un homme.

Au lieu de prévenir sa brigade, il charge le corps de l’infortuné qu’il cache dans le cercueil de sa mère pour clore l’histoire.

Mais l’affaire est loin d’être finie. Elle ne fait même que commencer, d’autant plus que le commissaire Ko Gun-Su est pris dans la tourmente d’une enquête de corruption.

Chargé de retrouver l’auteur d’un meurtre dont il est l’auteur et alors qu’il s’applique à supprimer tous les indices qui pourraient le mettre en cause, entre en jeu un homme qui prétend avoir assisté à l’accident et qui menace de le faire chanter…

Avec " Hard day", le metteur en scène coréen Kim Seong-Hun voulait faire un film qui enchaîne les surprises, où il y ait du frisson, du suspense, de l’action et de l’humour.

Tous les ingrédients y sont. Le film tient ses promesses. Il garde le spectateur en haleine d’un bout à l’autre du récit.

Le principe en est simple. " Hard Day " fonctionne sur une relance continue de rebondissements toujours inattendus, imaginés de telle sorte qu’ils ne sont jamais systématiques et fonctionnent dans une grande virtuosité d’écriture.

L’erreur d’un instant commise sous l’effet de la panique (en faisant disparaître le cadavre, l’accident pourrait n’avoir jamais existé) projette le commissaire Ko Gun-Su dans un engrenage infernal dontl il ne peut jamais sortir.

Les difficultés qui surviennent, tout en gardant un caractère dramatique nécessaire à l’entretien du suspense, prennent parfois une tournure humoristique réjouissante ; de telle sorte que le récit reste en constant équilibre entre les deux tonalités au point qu’on n’en arrive plus à identifier le ton général, tant il est situé entre la comédie et le film de genre.

L’accumulation de malchance dont est victime Ko Gun-Su, si elle met chaque fois sa vie en péril est en elle-même source de situations comiques.

On pense quelquefois aux cartoons où le héros, poursuivi par la poisse, réussit avec autant d’inventivité que d’habileté à se tirer chaque fois d’affaire.

Cinéma : "Hard day"

Mais " Hard day " n’est pas seulement une "tragi-comédie". C’est aussi un regard satirique sur la police coréenne. Les flics présents dans le film rivalisent à qui mieux-mieux pour illustrer ce qu’est un policier pourri. Ko Gun-Su en premier, puisque celui dont le métier est de rechercher la vérité sur des crimes n’a de cesse de maquiller celui dont il est l’auteur.

Le mélange des genres réussit bien à Kim Seong-Hun. Il est épaulé dans une démarche narrative par le comédien Lee Sun-Gyun qui mêle sans cesse à ses airs "clean" de "gendre idéal", une malice diabolique, une détermination à toute épreuve et réussit une composition toute en contrastes.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les Grands voisins. La cité rêvée »
    Maël est un artiste peintre sans papiers, Adrien est luthier et musicien. Eux et d’autres résidents de tous crins et venus de tous les horizons ont donné naissance à une utopie moderne en plein cœur... Lire la suite (14 mai)
  • « The room »
    Kate, elle traductrice et Matt artiste peintre, un couple de trentenaires dans l’impossibilité d’avoir un enfant, lassés d’une existence citadine s’installent dans une maison isolée qu’ils ont achetée... Lire la suite (14 mai)
  • « Benni »
    Benni est une fillette de dix ans enfermée depuis sa petite enfance dans un état d’ instabilité, une suractivité permanente et des accès de violence qu’elle ne parvient pas à contenir. Prise en charge... Lire la suite (17 mars)
  • « Le cœur du conflit »
    Un cinéaste japonais et une cinéaste française décident de faire ensemble, non pas un enfant qui serait jeté en pâture à une société offerte à un avenir de plus en plus inquiétant, mais un « enfant... Lire la suite (11 mars)
  • « Femmes d’Argentine »
    En Argentine l’IVG est interdite et les femmes qui la pratiquent clandestinement peuvent encourir des peines de prison si elles sont dénoncées. Toute hospitalisation pour traiter les séquelles d’un... Lire la suite (10 mars)