Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

un film de Gus Van Sant

"Harvey Milk" sortie en salles le 4 mars

Dans les années 70, Harvey Milk s’installe comme commerçant dans le 5ème district à San Francisco avec son ami Scott Smith. C’est dans ce quartier rebaptisé "le district Castro" que viennent vivre de nombreux gays. Bien que contestée par une partie de la population conservatrice, leur présence est finalement acceptée et "le Castro" devient un des rares endroits en Amérique où les homosexuels vivent dans une relative liberté.
Le modeste commerce que tiennent Milk et Smith est très vite un lieu convivial, de rencontre et de discussion que finissent par fréquenter d’autres commerçants du quartier regroupés en
association. Milk, apprécié pour son charisme et son humour est surnommé, "Le maire de Castro".C’est sur cette lancée qu’il se porte candidat au poste de superviseur au Conseil des Superviseurs de San-Francisco. Il est battu. Milk récidive et, s’il est une nouvelle fois battu, il contribue à l’élection à la mairie de San Francisco de l’ancien sénateur de l’Etat de Californie, Georges Moscone favorable à ses positions.
Milk co-fonde avec son bras droit Rivaldo le "Gay démocratic Club" à San-Francisco. Il se heurte à l’activiste Anita Bryan qui gagne la Campagne et rejette l’ordonnance en faveur des droits aux homosexuels.
Mais, lorsqu’il se présente pour la troisième fois au poste de superviseur au Conseil de San Francisco, il est élu représentant pour le 5ème district. Milk devient alors le premier homme politique gay élu à des fonctions officielles.
"Harvey Milk "retrace les dernières années de la vie de celui qui a été surnommé "Le Martin Luther King gay". Le scénario écrit par Dustin Lance Black a été construit à partir de récits et de témoignages de première main afin d’accéder au plus grand nombre possible de détails sur l’existence et le combat de ce personnage.
Le film de Gus Van Sant fait de Harvey un héros par la volonté et l’acharnement dont il fait preuve mais il en fait aussi, et c’est sans doute la force du portrait, un homme sensible et vulnérable. C’est ainsi que, suivant le tracé du personnage, la narration montre dans une même tonalité, des moments publics et d’autres de la plus petite intimité. Le lien entre ces moments contrastés tient à performance d’acteur de Sean Penn qui donne à Harvey toute une palette d’un jeu capable de provoquer dans un même temps l’admiration pure et l’émotion.
Le directeur de la photographie Harris Savides. dont c’est ici la cinquième collaboration avec Gus Van Sant, après notamment "Gerry " et "Elephant", a joué lui aussi sur les contrastes narratifs du film donnant des grains et des éclairages différents à la photographie selon qu’il s’agisse de scènes d’extérieur, de foule ou d’intimité.
"Harvey Milk" est à la fois une biographie fidèle et revisitée d’un personnage dont l’œuvre trouve encore bien des échos dans la vie culturelle sociale et politique de l’Amérique. On doit voir ce film pour sa grande originalité et sa forme classique, pour la performance à la fois immense et modeste d’un grand acteur.
Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Ils reviennent »
    Alors que sur la demande de son institutrice, Estrella commence à écrire un conte, après en avoir défini les motifs (prince charmant, tigre, trois vœux…) avec ses camarades de classe, une fusillade... Lire la suite (21 juillet)
  • « Roads »
    Gyllen est un garçon de tout juste dix-huit ans, originaire de Londres, parti avec sa famille pour des vacances au Maroc. On ne saura pas très bien les raisons pour lesquelles il décide de fausser... Lire la suite (16 juillet)
  • « Her smell »
    Bercky Something est une superstar du rock des années 90 qui a rempli les stades avec son Girls band : « Something She » Lorsque ses excès, ses caprices de vedette adulée finissent par mettre en... Lire la suite (15 juillet)
  • « Persona non grata »
    José Nunes et Maxime Charasse sont des amis de longue date et associés minoritaires dans une entreprise de BTP momentanément en difficulté. Face à la nécessité de protéger leurs intérêts, ils décident... Lire la suite (14 juillet)
  • « L’oeuvre sans auteur »
    A Dresde, en juillet 1937, un enfant, Kurt Barnet visite avec sa tante Elisabeth l’exposition sur « l’art dégénéré » organisée par le régime nazi pour lesquels les représentants notables sont entre autres... Lire la suite (14 juillet)