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Un film de Danfung Dennis (USA)

"Hell and Back Again" Sortie en salles le 30 novembre 2011

En 2009, au cours d’un assaut lancé par les Marines sur un bastion Taliban, dans le sud de l’Afghanistan, Harry, un soldat de vingt-cinq ans est grièvement blessé. Une balle a pulvérisé une partie de la hanche et le fémur.
Dans le film de Danfung Dennis, deux narrations se superposent et s’entremêlent : la vie d’un Marine sur le front, confronté à un ennemi invisible, à la position ambiguë des villageois, et le quotidien de ce même Marine, de retour chez lui, après avoir été gravement blessé, en phase de rééducation, assisté par sa jeune femme qui lui restera dévouée sans limite.
Le jeune homme qui souffre atrocement des séquelles de sa blessure et qui est devenu dépendant aux antalgiques, est irritable et dépressif.
Son humeur fluctue. Il peut s’imaginer guéri et ayant retrouvé l’usage de sa jambe, de nouveau renvoyé au combat, sur un quelconque front guerrier. Il peut, tout au contraire se montrer pessimiste et se dire que, boiteux à vie, toute activité militaire lui sera interdite. Il peut également tenir des propos suicidaires.
Car pour Harry qui a toujours été passionné par les armes et leur maniement, l’action militaire est vitale. Et bien qu’immobilisé, diminué physiquement, perclus de douleurs insupportables, il éprouve le besoin de garder à portée de main un gros calibre dont il explique inlassablement le fonctionnement à sa jeune femme.
Danfung Dennis joue sur les atmosphères contrastées. Celle du front où les Marines côtoient la mort à tout instant, confrontés à un ennemi qui connaît parfaitement le terrain et joue la politique de l’usure et celle de l’enfermement de Harry dans son pavillon tristement ordinaire, en Caroline du Nord, qui ne dispose plus, pour échapper à la douleur qui le tenaille et à au pessimisme qui le hante, que de ses souvenirs de combats qu’il revit en boucle et auxquels il tente d’intéresser son épouse.
Pour Harry, la vie ne pourrait reprendre son cours que si sa jambe guérissait et s’il pouvait repartir au combat. La guerre lui est chevillée au corps et il s’est définitivement fait sa propre définition de l’ennemi.
Ce qui pourrait lui arriver de pire serait sans doute de s’interroger sur le bien-fondé de son métier. C’est peut-être pour cela que le médecin qu’il consulte pour une visite de contrôle lui déclare, enjoué : "dans six mois, votre jambe aura retrouvé sa sensibilité et dans un an, vous pourrez, de nouveau, tuer des hommes."…

Accrédité en tant que photographe par le New York Times, Danfung Dennis s’était retrouvé en territoire ennemi avec les Marines de la Compagnie Echo au moment où ils s’apprêtaient à prendre un objectif clé. Pendant les semaines qui ont suivi, il a accompagné Nathan qui commandait la 2ème section, et avec qui s’est nouée une relation de confiance.
Quelques temps plus tard, Nathan était blessé dans une embuscade…
Francis Dubois

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