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un film de Mathieu Levain et Olivier Porte

"Herbe" sortie en salles le 18 février

"Herbe" nous transporte au cœur de la Bretagne paysanne et nous donne à voir deux visions du métier d’éleveur laitier.
Certains, à contre courant, se sont engagés dans une démarche autonome durable et performante et d’autres, la majorité de la profession, ont opté pour le modèle de production industriel liés aux groupes agricoles et agroalimentaires.
Le film commence par une séquence au cours de laquelle un éleveur explique avec précision les qualités et les défauts nutritifs de différentes catégorie d’herbe. La caméra effleure les feuillages et nous plonge dans une curieuse et touchante intimité avec cette végétation qui devient tout à coup infiniment respectable.

On peut dire que d’une certaine façon, "Herbe" par son sujet, par ses images, par l’amour qui y transparaît des espaces verdoyants et de la campagne, vient en complément des films sur notre monde rural agonisant peint dans les film de Depardon -La vie moderne- de Raphaël Mathié - Dernière saison- ou de Samuel Collardey -L’apprenti- pour nous alerter et, une autre fois, nous mettre face à une réalité : la fin de la paysannerie contemporaine confirmée à travers les témoignages pathétiques de ses derniers résistants…
Le film nous amène à rencontrer des représentants des deux tendances. Des éleveurs adeptes du système traditionnel mis au banc des aides de la politique agricole commune parce qu’ils ont fait le choix de nourrir leurs vaches laitières à l’herbe plutôt qu’au maïs ou au soja brésilien et d’autres qui ont opté, arguments à la clé, pour l’agriculture intensive.
"Herbe" démontre sans peine que la ferme classique à dimension humaine, avec des investissements moindres et la qualité de ses produits possède toutes les vertus à l’inverse de l’agriculture intensive plus productive mais qui, prise dans la spirale de l’endettement, rencontre des difficultés.
Cependant il apparaît nettement dans ce constat que la pente naturelle des choses n’est pas dans un retour à l’herbe mais bien, à cause d’enjeux économiques nombreux liés à la mondialisation, dans l’alimentation chimique des bovins. Les racines du mal sont maintenant si profondes que les arguments qui vont dans le sens des méthodes traditionnelles sont devenus politiquement incorrects…
Merci aux réalisateurs de documentaires français de nous alerter avec des films simples et généreux…
Francis Dubois

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