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Un film de Lech Kowalski (Pologne)

"Holy field, Holy war" Sortie en salles le 26 mars 2014.

Comme partout dans le monde, les agriculteurs polonais sont menacés. Leur lutte pour survivre qui fait front à de multiples dangers se fait dans l’ombre, loin des caméras et des médias.

En Pologne où 60% de la surface du pays est agricole, de nouveaux prédateurs sont en compétition pour s’accaparer les terres.

Après que les champs aient été infestés par les engrais chimiques, l’élevage perverti par les farines artificielles, les abeilles tuées par le lisier gluant répandu dans les champs, les fermiers incommodés par la puanteur des produits qui appauvrissent le sol, voilà que surviennent sans crier gare des défilés de machines vrombissantes qui fissurent les murs des habitations et cernent les paysans.

Elles ont pour but de forer les terrains et de détecter, grâce à des techniques de "fracturation hydraulique" de forte puissance, la présence à des profondeurs abyssales, du fameux gaz de schiste dont l’extraction pourrait non seulement faire disparaître les petites exploitations agricoles mais polluer dangereusement les nappes phréatiques, augmenter les risques de séismes, conduire à la baisse de l’immobilier et représenter un danger pour la santé des populations.

Tous ces dangers n’émeuvent pas les compagnies pétro-gazières qui espèrent bien convaincre les Etats européens pris dans le tourmente de la crise économique des avantages économiques de l’exploitation des gaz de schiste.

En réalité, ce que les lobbies qualifient de révolution énergétique, est une dangereuse "ruée vers l’or" faite pour assouvir les profits de quelques-uns au détriment de l’intérêt général.

Dans son film, Lech Kowalski, après avoir dressé un tableau alarmant de la situation des petites exploitations agricoles en Pologne, s’attache à montrer les méthodes qu’utilisent les firmes américaines pour prendre possession des terres des cultivateurs et mener à bien leurs prospections.

Ces gens que la misère guette assistent impuissants parce que non renseignés, à l’invasion des champs par de gros matériels et voient leurs terrains constellés de petits piquets d’apparence anodine, mais qui sont en réalité les redoutables premiers jalons d’une vaste exploitation des sous-sols.

La longue séquence de la réunion des agriculteurs avec un représentant de la société Chevron est révélatrice d’une lutte inégale, de celle du pot de fer contre le pot de terre.

Comment des paysans avec leur bon sens terrien et des arguments honnêtes pourraient-ils se mesurer aux responsables d’une société américaine rodée à la langue de bois et aux stratégies démagogiques.

La confrontation entre Chevron et les agriculteurs traduit notre conscience collective et en voyant cette scène, on peut suivre le cheminement qui devrait nous permettre de comprendre que quelque chose d’effrayant est en train de se produire sur notre planète.

Un film qui devrait être vu par tous et surtout par les jeunes générations.

Francis Dubois

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