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Un film de Fien Troch (Belgique)

« Home » Sortie en salles le 13 septembre 2017.

A sa sortie de prison, Kevin dix-sept ans, est recueilli par sa tante et son oncle. Ce placement en famille et un stage en plomberie devraient permettre un nouveau départ à cet adolescent bien décidé à bénéficier de cette opportunité.

Très vite, Kevin va se lier d’amitié avec son cousin et les amis de celui-ci.

Ce nouvel équilibre de vie le tirera-t-il du mauvais pas de la délinquance où il avait plongé très jeune ?

Saura-t-il maîtriser la violence qu’il a en lui et lutter contre les circonstances contraires et la fatalité qui s’acharne ?

Kevin, en découvrant autant les complicités que les trahisons de ses nouveaux amis va tenter de se frayer un chemin au milieu des obstacles qui viennent se mettre en travers du bon déroulement de son insertion...

Cinéma : Home

A première vue, à la seule lecture du synopsis, le film de Fien Troch ne serait rien d’autre que le récit des tentatives d’un retour à la vie normale d’un grand adolescent après qu’il a purgé une peine de prison. (On connaît à peine les raisons de sa condamnation et la durée de l’incarcération).

Mais si « Home » traite du sujet, il pose avant tout un regard sur une jeunesse égarée dans une liberté de mœurs qui a décalé les limites des règles de la morale.

Le film privilégie en dehors de celui de Kevin qui est de tous les plans, trois personnages de jeunes gens et deux personnages d’adultes.

John, un garçon qui est confronté chaque jour aux caprices et au chantage affectif d’une mère déséquilibrée qui l’oblige, en signe de réel attachement, à entretenir avec elle, occasionnellement, des rapports incestueux.

Sammy, le cousin de Kevin, ivre de la liberté dont il dispose et Lina, une jeune fille secrète, amoureuse à l’occasion et qui peut « dépanner » ses amis garçons quand le désir d’une masturbation les taraude.

Parmi les adultes, la mère de Sammy, femme douce, aimante, indulgente vis à vis de Kevin pour qui elle a un faible et une légère attirance. La mère de John, dépressive, isolée du reste du monde et qui a cristallisé tout son amour sur son fils avec des débordements de tendresse auxquels lui n’a pas le courage de s’opposer.

Le film de Fien Troch est à l’image du personnage de Kevin. La fluidité du récit, une caméra au plus près des corps jusqu’à des inserts de détails corporels donnent une impression de douceur alors que derrière, rôde des menaces de cruauté, de violence qui surviennent et l’espace d’un moment ou d’un instant peut conduire au malaise ou à l’insoutenable.

La blondeur éthérée de Kevin, son visage d’ange, sa douceur et sa docilité à accepter les contraintes et les réprimandes contrastent avec la puissance qui émane de lui, une force physique qui se manifeste de façon toujours surprenante et dont on peut attendre qu’à la moindre occasion, elle ne se transforme en une violence irréfléchie.

Le film de Fien Troch dit ce qu’il a à dire, sans circonvolutions. C’est le portrait sans concessions d’une jeunesse dans sa réalité avec des séquences de groupe très réussies, d’un monde en mutation.

Passionnant.

Francis Dubois

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