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Un film de Bent Hamer (Norvège)

"Home for Christmas" Sortie en salles le 8 décembre 2010


Le nouveau film de Bent Hamer est le récit de destins ordinaires. Les personnages vivent à Skogli, petite ville de Norvège et les actions se passent toutes le même soir de Noël.
Paul est allé trouver Knut, un ami médecin, pour lui confier son désarroi d’être privé de ses enfants au prétexte que sa femme a invité son nouveau compagnon à la fête et lui demander une ordonnance pour un médicament dont il a besoin.
Knut n’accompagnera pas sa femme à la messe de minuit car il est appelé pour une urgence dans une maison perdue en pleine campagne.
Jordan, un homme à la dérive voudrait réunir la somme d’argent qui lui permettrait de rejoindre son village. Ses errances vont l’amener à rencontrer une femme qui ne lui est pas inconnue.
Kristen et Karin ont fait l’amour. Elle a tout préparé pour un repas en amoureux mais Kristen a une révélation à lui faire.
Bintu, la petite copine de Thomas, un jeune adolescent, ne fête pas Noël car elle est musulmane. Il a du mal à la quitter même s’il sait que ses parents vont s’inquiéter de son retard.
Il existait dans les années 50-60 ce qu’on appelait des films à sketchs. Il s’agissait de petits récits qui se succédaient sur un thème donné et "Home for Christmas" y fait penser même si, à la différence de ce genre désuet, ici, certains personnages d’une histoire s’invitent dans une autre. Sans pour autant donner, comme c’est la mode, un film choral.
Le film a été inspiré à Bent Hamer par un recueil de nouvelles de Levi Henriksen intitulé "Only soft Presents under the tree" et dans lequel l’auteur, avec un humour poétique mettait en évidence, à l’occasion de la fête de Noël et à la lumière d’un instantané, les fêlures secrètes de chacun.
Le réveillon de Noël est un événement familial incontournable. Qu’on l’envisage en tête à tête pour officialiser une relation ou entre amis au nom de la convivialité, ou qu’on le vive douloureusement dans la solitude, ce moment de l’année jouit d’un éclairage particulier et peut devenir une sorte de révélateur. Les récits qui se succèdent par bribes ne débordent du quotidien que par cet éclairage. Ils ne font que révéler les blessures anciennes, les trahisons, les désirs enfouis mais Bent Hamer, s’il porte un regard tendre sur ses personnages aux prises avec les petits drames de la vie, ne prive aucun des récits d’un touche d’humour, parfois à peine perceptible, parfois d’une subtile cruauté.
Ces contes de Noël entre tendresse et amertume conduisent aux limites du drame, un quotidien passé par le prisme d’un passage obligé.
Francis Dubois

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