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Un film de Jean Claude Schlim (Luxembourg)

"House of Boys" Sortie en salle le 12 septembre 2012

Frank, jeune homosexuel luxembourgeois, plutôt bien dans sa peau, part avec sa copine pour Saint- Tropez, via Amsterdam. Mais, lassée de ses frasques, celle-ci le quitte.

Seul et égaré, Frank trouvera refuge dans un cabaret gay tenu d’une main de fer par "Madame" ; une sorte de cocon où se côtoient un punk faussement introverti, un jeune homme qui économise pour devenir la femme qu’il rêve d’être, un autre qui est battu par son père et puis... il y a Jake, l’américain qui s’affiche hétérosexuel, star du lieu et qui accepte des relations tarifées avec les clients pour économiser et vivre une relation tranquille avec sa copine. Toute la troupe est maternée par Emma la barmaid, une femme qui a abandonné son fils deux jours après sa naissance. Mais nous sommes en 1984 et alors que Frank et Jake entament une relation amoureuse, une maladie mortelle fait son apparition.

Pour son premier film, Jean Claude Schlim, traumatisé par l’image de son ami transformé par le syndrome de Kaposi en vieillard défiguré, montre le sida, "cette maladie qui ne se montre plus". Commencé dans l’insouciance des années 80, "Sexe, drogue et Rock’n Roll", cette folie s’arrête net en 83-84 et là, le film bascule dans un mélodrame pas toujours bien maîtrisé.

Ainsi, la nuit de Noël, celle où les premières taches de Kaposi marquent le corps de Jake, commence avec la cantate BWV 82 de Bach (Je suis comblé et peut mourir dans la joie) et s’achève avec le Lacrimosa du requiem de Mozart. Entre les deux, on aura pu voir à la télévision Mahalia Jackson chantant " Trouble of the world " à la fin de "Le mirage de la vie " de Douglas Sirk.

Mais le film recèle de très belles scènes. Les numéros travestis sont particulièrement réussis et toute la partie hospitalière, malgré la faiblesse des moyens, n’est pas dépourvue d’émotions : "Madame" effrayée par la maladie, incapable de la moindre compassion, devient un personnage pathétique. Le docteur March qui commence par traiter le malade comme sujet d’étude finit par s’attacher à son patient avant de le voir, impuissant, finir dans d’épouvantables souffrances.

De par son caractère autofictionnel et malgré certaines imperfections, excès narratifs ou maladresses, "House of boys" reste un document attachant sur la fin d’une époque.

Francis Dubois

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