INRP

INRP : Démantèlement programmé ?

L’INRP possède une richesse et une spécificité que lui envient bien des organismes de recherche en éducation : ses enseignants associés et tout un réseau national d’établissements scolaires (second
et premier degré), terrain expérimental de choix, indispensable à la recherche pédagogique.
Ces enseignants assurent, en plus de leur enseignement, des activités d’appui à la recherche : accueil de chercheurs dans leurs classes, recueil et traitement de données, travaux et comptes rendus d’enquêtes, expérimentation de séquences innovantes, mais aussi coordination d’équipes, responsabilité de projets, diffusion de résultats, publications...
Aujourd’hui, ce lien privilégié entre monde des chercheurs et monde de l’enseignement, déjà mis à mal par le processus de délocalisation de l’INRP à Lyon qui avait été l’occasion d’une première vague de démantèlement, est plus que jamais menacé :
• disparition de recherches propres dans de nombreux champs disciplinaires conduisant à ce qu’il n’y ait plus de recherche en didactique dans certaines disciplines (SES par exemple) ;
• transfert d’une partie des moyens de l’INRP vers des structures
universitaires où ils sont globalisés pour l’ensemble des recherches du laboratoire universitaire ;
• politique de restriction budgétaire : transformation des HSA (qui pouvaient donner lieu à des décharges effectives) en HSE, diminution et assujettissement aux besoins académiques de ces HSE, non-renouvellement de contrats des enseignants mis à disposition à mi-temps (ou parfois détachés).
Ces choix se font sans concertation avec les enseignants concernés,
quels que soient leur degré d’implication et leur ancienneté dans l’Institut, en fonction de critères économiques et administratifs, sans prise en compte des travaux des équipes de terrain ainsi démantelées.
Des recherches actuellement en plein essor sont en passe de disparaître, simplement parce que les équipes qui les portent sont menacées de non-reconduction.
Les contenus et les pratiques d’enseignement se nourrissent des résultats de la recherche, et la didactique a besoin des enseignants
pour exister. Les enseignants qui font le choix de rester sur le terrain, si difficile soit-il, tout en appartenant à des équipes de l’INRP, contribuent rapprocher ces deux mondes. Encore faut-il qu’ils puissent effectuer leurs tâches de recherche dans des conditions décentes, dans le respect de leur statut et de leur personne, avec à terme une évaluation de leurs travaux et la valorisation de leurs compétences.
Même si tous ne veulent pas devenir chercheurs à part entière, les enseignants ont le droit et le devoir de se former (voir cahier des charges des IUFM) et on les écarte de fait d’un des rares lieux, avec les IUFM, où cela leur serait possible.
Le SNES n’accepte pas que des décisions hâtives puissent engendrer de tels dégâts irréversibles pour les personnels et pour tout le systeme éducatif.
Line Audin, Roland Hubert

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