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Un film de Pupi Avati (Italie)

"Il cuore grande delle ragazze" Sortie en salles le 2 mai 2012

Les Vigetti sont une famille de paysans qui compte trois enfants, le petit Edo, Sultana et Carlino, un jeune homme très recherché par les filles des environs.

Les Osti, riches propriétaires terriens qui vivent dans une maison de maître, comptent eux, trois filles à marier, dont deux d’entre elles, sur la pente d’un célibat durable, paraissent incasables. Et la belle Francesca.

Un arrangement est décidé entre les deux familles. Il permettrait aux Vigetti d’obtenir un bail de dix ans pour gérer la propriété des Osti à la condition que Carlino accepte d’épouser une des deux laideronnes.

Celui-ci, à contre cœur, finit par accepter de les rencontrer régulièrement afin de les départager et de choisir celle qui deviendra sa fiancée.

Le marché est sur le point d’être conclu quand survient Francesca, tout juste sortie d’un pensionnat de bonnes sœurs.

Les deux jeunes gens tombent amoureux l’un de l’autre, mettant à bas la stratégie des deux familles.

Même si le film de Pupi Avati renoue, par son sujet et par son traitement, avec une certaine tradition du cinéma italien, il ne passe pas la barre d’un gentil divertissement sur fond de mariage arrangé, d’intérêt au désavantage de l’amour, de différends entre deux familles d’origines sociales différentes, de querelles hautes en couleurs et d’un dénouement attendu.

Les personnages sont sans nuance. Carlino est un peu balourd, irrésistible séducteur à son insu. Les deux filles à marier sont enlaidies à souhait et les deux pères, le pauvre et le riche, ne font pas exception à la tradition des maris et pères bourrus au bon cœur.

Le personnage intéressant du récit est celui de Francesca. Elle est censée sortir tout juste d’un pensionnat religieux (nous sommes dans les années 30) et l’on voit débarquer, de retour chez elle, une jeune fille blonde platine, d’apparence délurée, avec, dans le regard et dans les attitudes, une pointe de vulgarité.

Pupi Avati a-t-il voulu une telle Francesca ? Ou bien, au lieu de l’image de l’innocence, s’est imposée une comédienne plutôt pulpeuse, utilisée à contre-emploi, entraînant le personnage dans cette légère dérive.

Le résultat est déconcertant et c’est le décalage entre la jeune fille pure et innocente et la comédienne qui pourrait se destiner aux emplois de vamp qui intrigue et peut passer pour un atout narratif…

Francis Dubois

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