Éditos

Il est grand temps !

La situation sociale, exceptionnelle et évolutive, impose une analyse et des mobilisations à la hauteur des enjeux.

Le mouvement social que nous connaissons actuellement, parti de la contestation d’augmentation de taxes, s’est élargi et laisse place à l’expression d’une colère en germe depuis longtemps.
Le mouvement des gilets jaunes, en dépit de son hétérogénéité, continue à bénéficier d’un large soutien de la population et fait émerger des revendications partagées sur les salaires, sur une fiscalité juste, l’accès de tous aux services publics.
L’absence de réponses aux revendications, le mutisme du président de la République n’ont fait qu’attiser la colère. Samedi, les media se sont focalisés sur les actes de violence mais on a aussi vu des manifestations se déroulant sans incidents, des convergences entre le mouvement des gilets jaunes et les cortèges syndicaux, voire avec les lycéens. Ceux-ci ont réussi à mobiliser contre la réforme du bac et du lycée, le service national universel et entendent poursuivre.
La situation est tendue et a déjà des répercussions sur l’économie. Le gouvernement en porte la responsabilité et prendrait de gros risques en répondant d’abord par le sécuritaire. Le mépris affiché pour les corps intermédiaires, la minoration constante des mouvements sociaux et la mise en place de réformes aggravant les inégalités ont conduit à la situation d’aujourd’hui.

Dans l’Education, le SNES-FSU entend poursuivre la mobilisation du 12 novembre contre la réforme du lycée et du baccalauréat, contre les suppressions de postes et l’alourdissement des effectifs. Nos campagnes et actions ont permis de montrer la vraie nature des réformes, et l’inquiétude des personnels est partagée par les familles et les élèves. La mobilisation actuelle des lycéens le montre.
Le SNES-FSU appelle les personnels à des assemblées générales, partout dans les établissements, pour débattre de la situation et des modalités d’action. Il agira aux coté des lycéens pour que les revendications soient entendues, que la réforme du lycée ne s’applique pas à la rentrée 2019, que le budget de l’EN soit revu. Un préavis de grève court sur toute la période.

Il est grand temps de changer de politique : donner à tous les jeunes les moyens de réussir, permettre aux personnels de travailler dans de bonnes conditions et augmenter les salaires.

Le 19 décembre, jour du Comité technique ministériel - qui donne les dotations de rentrée aux académies - et du Conseil supérieur de l’Education – qui examinera les programmes du lycée, le SNES-FSU appelle à des mobilisations dans toute la France.
Nous ferons la vérité sur la politique éducative et remettrons au ministre de l’Éducation les expressions des établissements.
La préparation de la mobilisation du mercredi 19 décembre, rassemblements, conférences de presse, actions diversifiées à imaginer dans chaque établissement, doit être pour nous l’occasion d’exposer les revendications de la profession dans le cadre d’une protestation plus large contre une politique à courte vue qui détruit les services publics, malmène la jeunesse, met à mal les solidarités.

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