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Un film de Andrzej Jakimowski (Pologne-France-Portugal )

"Imagine" Sortie en salles le 23 octobre 2013.

Ian, aveugle lui-même, est professeur d’orientation spatiale. Il prend ses fonctions dans une clinique de malvoyants à Lisbonne.

Ian gagne rapidement la confiance de ses patients, même s’ils sont parfois surpris par ce nouvel enseignement basé sur "l’écholocation", une méthode qui permet aux non-voyants de se repérer grâce au son de leurs pas.

Eva, une jeune pensionnaire de l’établissement reste cloîtrée dans sa chambre et observe le travail de Ian depuis sa fenêtre.

Séduite par ses idées, elle emboîte le pas du professeur. Ensemble, se guidant à la résonance de leurs pas, ils partent explorer les rues de Lisbonne.

Mais très vite, le directeur de la clinique prend conscience que l’apprentissage que dispense Ian à ses patients n’est pas sans risques.

Dans son précédent film "Un conte d’été polonais", Andrzej Jakimowski captait les sens en éveil au monde d’un enfant.

Dans "Imagine" , il s’agit de mettre en éveil d’autres sens, débouchant sur des techniques permettant de palier à la cécité en imaginant le monde environnant à partir de ses résonances, et par là même, d’inventer une autre forme de regard.

Ian est un professeur passionné dont les méthodes, à la limite du ludique, intéressent des patients qu’ils soient jeunes enfants, adolescents ou adultes.

Elles séduiront jusqu’à cette jeune femme jusqu’ici murée dans la solitude à qui Ian apporte la délivrance avec l’accès à l’extérieur, la découverte de la ville, le plaisir de prendre place à la terrasse d’un café et celui, derrière ses lunettes, de jouer à cacher sa cécité.

Le film, pour l’essentiel, relate l’expérience que tente Ian. Il donne à voir les rapports de confiance qui s’établissent entre Ian et les pensionnaires de la clinique au cours de séances de travail, les avancées de certains d’entre eux comme Serrano, un adolescent que les méthodes de Ian auront également libéré et qui prendra son envol en s’engageant dans les rues de Lisbonne.

Les audaces de Ian qui ne sont pas sans engager des risques réels, mais sans lesquelles la progression des pensionnaires serait nulle, mettent le directeur de l’établissement sur le qui-vive. Sachant qu’un accident qui pourrait survenir mettrait en péril sa clinique, il prend la décision de licencier Ian.

Ian, auquel les patients se sont attachés, se verra privé de leur faire ses adieux pour éviter épanchements et charge émotionnelle.

Ses adieux à ses élèves présents dans la cour se résumeront au bruit des roulettes de sa valise sur le sol et cette scène d’une pudeur touchant à l’indifférence est, sans qu’on ait eu recours au moindre effet, d’une grande puissance émotionnelle.

On peut reprocher au film de reposer presqu’essentiellement sur les techniques de repérages dans l’espace et d’écoute et de laisser de côté le déclic de l’imagination qu’elles provoquent.

Un film courageux par le choix du sujet et par son traitement sans pathos.

Francis Dubois

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