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Un film de Raya Martin (Philippines, France)

"Independencia" Sortie en salles le 21 avril 2010

Après Apitchatpong Weerasethakul et Brillante Mendoza, Raya Martin fait partie de la nouvelle génération de cinéastes philippins. Plus jeune qu’eux, il a tout juste 25 ans, sa filmographie extrêmement éclectique dans la durée (de 4 minutes à 5h) dans le support (film, video), le genre (fiction, expérimental), n’en est pas moins fournie.
Raya Martin travaille sur une série de films historiques situés lors des différentes époques de luttes au Philippines. Tout en mettant à jour l’histoire de son pays, il réinvente l’histoire du cinéma de l’époque.

L’action de "A short film about the Indio Nacional" se passait dans les années 1890. Les Philippines, colonisées depuis trois siècles par l’Espagne, sont sur le point de secouer le joug de l’occupant, avec la révolte des Katupineros. Le destin du personnage principal croise cette épopée historique. On le voit ainsi petit sonneur de cloches au service du puissant clergé espagnol. Puis, adolescent, rejoindre les rangs de la révolution. Adulte enfin, devenu acteur d’une troupe villageoise et interprétant une légende qui met en scène un géant pris en tenaille entre deux montagnes. Historiquement, c’était aussi le début du cinéma et le film était tourné à la façon d’ un film muet.
"Independencia", traite de la colonisation américaine au début du 20ème siècle. Une mère et son fils fuient vers la montagne à la recherche d’une vie plus sûre. Un jour, au milieu de la forêt, le fils découvre une femme violée qu’il décide de ramener chez eux, dans leur habitation improvisée. Plus tard, alors que les troupes américaines progressent, un violent orage va bouleverser leur existence.
La forme du film est très innovante par sa singularité narrative. Elle reprend l’esthétique des films de studio durant l’occupation nord américaine en même temps que le récit porte sur la résistance d’une famille à cette même époque.
A travers une jungle de pacotille, se trame une démarche de rébellion à la fois innocente et forte, une sorte de combat passif et silencieux.
"Independencia" est une œuvre rare, décalée, efficace qu’il faut voir comme un conte mais surtout comme une œuvre engagée.
Francis Dubois

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