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Un film de Dover Koseshvili (Israel)

"Infiltration" Sortie le 25 mai 2011

Au milieu des années 50, quelques années seulement après la guerre d’indépendance et la déclaration de la création de l’Etat d’Israël, à un moment où la société israélienne est marquée par l’engagement collectif et l’adhésion de chaque citoyen à la mission de défense nationale, l’immigration est à son apogée.
Des camps de transit se mettent en place dans des conditions souvent précaires qui connaissent la pauvreté et le rationnement. C’est dans ce contexte que Dover Koseshvili pose le sujet de son film.
Ces nouveaux arrivants dans le pays doivent, quel que soit leur âge, effectuer une formation militaire de trois mois.
C’est ainsi qu’au cours de l’été 1956, Avner, Alon, Ben Hamo et quelques autres, nouvelles recrues de l’armée, vont connaître l’apprentissage de la plus redoutable activité de l’humanité : la guerre.
Les membres de la section, immigrants venant d’Afrique du Nord et d’Europe, survivants de l’holocauste, religieux ou pas, tous des vétérans, souffrent de traumatismes liés à leur passé et sont, pour la plupart d’entre eux, inaptes à combattre ou légèrement handicapés.
Ils constituent le Camp d’entraînement 4 où, bien qu’exclus de toute activité guerrière, ils doivent néanmoins s’initier aux règles et aux stratégies militaires.

© Sophie Dulac productions - Transfax films productions

Ils viennent des quartiers riches de Jérusalem, de bidonvilles ou de Kibboutzim et malgré leurs origines sociales contrastées, les disparités physiques ou intellectuelles, ils se regroupent par affinités pour aborder des sujets récurrents et aussi variés que l’amour, le foot, la musique ou la philosophie.
Certains trouveront le moyen de forger leur personnalité dans les épreuves auxquelles ils seront appelés à faire face dans la promiscuité. D’autres savoureront le plaisir de la résistance à l’autorité et de la désobéissance mais aucun ne sortira indemne de cette période passée sur cette base isolée du Néguev.
A travers son récit, Dover Koseshvili observe des comportements humains dans un contexte particulier limite et l’on assiste aux effets qui découlent des contraintes auxquelles ils sont soumis et qui se heurtent à leurs convictions personnelles.
Du coup, les concepts de melting pot, l’esprit d’équipe et de solidarité sont mis à rude épreuve et ce sont plutôt la loi du plus fort, les jeux s’influence, un combat pour la survie, les recherches d’identité et d’autonomie et de liberté qui deviennent l’urgence.
"Infiltration" est l’adaptation du roman éponyme de Yehoshua Kenaz, un classique de la littérature israélienne. Dover Koseshvili s’est applique à garder de l’œuvre écrite, en dehors de la vision quasi clinique de l’univers militaire, l’écriture minutieuse, l’attention portée aux détails de la vie quotidienne et à la construction de personnages dévalorisés d’emblée par une société qui prônait l’image irréprochable de l’israélien pionnier et combattant.
Une illustration réussie, passionnante sur les faiblesses universelles de l’espèce humaine à la lumière d’un contexte singulier…
Francis Dubois

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