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Un film d’Asoka Handagama (Sri Lanka)

"Ini Avan celui qui revient" Sortie en salles le 10 juillet 2013

De nos jours, dans le nord du Sri-Lanka.

Ini Avan (lui) est de retour dans son village après avoir combattu dans les rangs de l’armée rebelle. A la défaite de la rébellion, il a passé deux années dans un camp de réhabilitation sous contrôle gouvernemental.

Seul survivant de la lutte révolutionnaire, il est considéré comme un coupable, voire comme un traître par la population villageoise qui pleure ses nombreux morts.

Mais, en dépit de ce rejet douloureux, Ivi Avan a décidé de retrouver une existence normale.

Il séduit la jeune femme qu’il a aimée autrefois, la convainc de le rejoindre et de partager sa vie.

Un prêteur sur gages ayant pignon sur rue lui propose un travail. Et pour cela, il doit licencier le vigile qui l’assistait.

Celui-ci se retrouve sans ressources pendant qu’Ini Avan accepte de faire des livraisons douteuses pour le compte du prêteur sur gages.

Les haines et les fantômes du passé ne tarderont pas à resurgir.

"Ini Avan" est le septième long métrage d’un cinéaste sri-lankais confirmé, frappé par la censure de son pays.

Si le nom des Tigres Tamouls ne nous est pas inconnu, s’il est lié dans la remémoration aux premiers attentats suicides perpétrés dans les années 90, on ignore souvent les origines et les motivations d’un conflit qui aura duré presque trente ans et ravagé un pays multiculturel de vingt millions d’habitants.

Cette guerre a pris fin en mai 2009 avec la défaite du mouvement des Tigres Tamouls face à l’armée gouvernementale sri-lankaise.

Ini Avan signifie en langue tamoule, "lui", un personnage sans nom à qui la situation politique et économique du pays ne peut offrir qu’un avenir confus.

Asoka Handagama retrace l’itinéraire de cet homme presque anonyme dans un récit d’une grande limpidité.

Chaque épisode de la vie d’ Ini Avan depuis le moment où il pénètre à nouveau dans son village, est traité avec une telle maîtrise dans sa construction dramatique, interprété avec une telle intensité de jeu, que d’entrée, sans jamais donner dans le moindre effet, son film passionne.

Le personnage est un homme que son passé guerrier a "blindé", peu généreux en paroles mais dont on sent, dès la première image, qu’il est déterminé et qu’il ira jusqu’au bout de son projet de réhabilitation, quitte à commettre d’irréversibles erreurs.

Comment reconstruire sa vie dans un contexte d’après-guerre dévastateur, si ce n’est en entrant dans l’illégalité et le trafic facile ? L’attrait du gain n’est pas le seul moteur qui guide le personnage.

C’est une revanche sur la vie qu’il recherche, une revanche sur l’échec par lequel s’est soldé un combat auquel il a cru.

L’homme avait besoin de satisfaire sa soif de fierté mais savait-il que de la fierté à l’orgueil, la frontière est si mince qu’on la franchit sans s’en rendre compte.

Un beau film qui, de séquence en séquence, gagne en force et en intensité pour s’imposer comme une belle œuvre cinématographique..

Francis Dubois

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