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Un film de Mathieu Denis (Canada / France)

"Insoumis" Sortie en salles le 2 septembre 2015.

Montréal, printemps 1966, le Front de Libération du Québec prône l’autonomie des québécois face au Canada anglophone.

Jean Corbo, un adolescent de seize ans dont le père d’origine italienne est notaire, appartient à la couche privilégiée de la société. Il coule une douce vie d’étudiant et fréquente une des meilleures écoles privées de la ville. Mais sa condition de fils de bourgeois, devenue soudain pesante, il est prêt à basculer du côté des opprimés.

Sa rencontre avec Julie, engagée dans la lutte pour l’indépendance du Québec auprès d’autres jeunes gens déterminés, spécialisés dans l’organisation d’attentats, va provoquer le déclic d’un vrai sens à sa vie.

Son appartenance au groupe "FLQ 66", dirigé par ses deux organisateurs, Pierre Vallières et Charles Gagnon repose sur les convictions politiques de Frantz Fanon.

Sa forte personnalité et son intérêt grandissant en faveur des laissés pour compte de la société, vont bientôt le placer au premier rang de la lutte.

Cinéma : Insoumis

L’écriture du scénario d’ "Insoumis " a été inspiré à Mathieu Denis par l’histoire vraie de Jean Corbo, enfant de la bourgeoisie de Montréal, mort à seize ans, au cours d’un attentat perpétré par le groupe "FLQ 66".

Le film interroge sur les raisons qui peuvent amener un adolescent aussi jeune, apparemment sans histoire et issu d’un milieu aisé, à rejoindre les rangs d’un groupe révolutionnaire, ouvertement violent

Peu de choses ont été écrites sur l’histoire de Jean Corbo, voire même sur le FLQ et les documents existants portent surtout sur la période qui a suivi, celle de la crise d’Octobre 70, sur les cellules de lutte "Chénier" et "Libération".

Mathieu Denis a dû trouver la matière de son scénario dans les comptes rendus des procès impliquant les membres du "FLQ 66", parus dans la presse entre 1966 et 1971.

La plupart des archives judiciaires étant détruites tous les trente ans, il n’a pas pu s’appuyer sur les déroulements de la totalité des procès.

Il a complété ses informations dans les bibliothèques en consultant la presse de l’époque couvrant les cinq années, auprès des membres de la famille Corbo et de certains camarades felquistes de Jean qui lui ont fourni des renseignements plus personnels.

Mathieu Denis a opté pour un récit linéaire. La naïveté de la trame dramatique de son film flirte souvent avec une démarche (ouvertement) démonstrative. Mais la cohérence de son travail de scénariste et de réalisateur, l’enchaînement de scènes appliquées d’inspiration "scolaire", une musique redondante qui souligne les moments de suspense, l’utilisation désuète du ralenti, des dialogues simples et attendus, quelques monologues pontifiants, finissent, dans une accumulation de candeur, par produire avec le charme vieillot du récit, une belle efficacité.

Mathieu Denis traite de façon exemplaire une histoire exemplaire.

Ses comédiens ne dénotent pas. Ils sont à l’avenant de la façon dont est mené le récit, efficaces, irréprochables…

Francis Dubois

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