US Magazine 723 du 15 septembre 2012

Inspection générale et voie technologique : Avis de divorce ?

Après les réformes Chatel successives
(bac pro 3 ans, STI
et STL puis STG et ST2S)
qui mettent à mal les séries technologiques,
on peut s’interroger
sur les objectifs poursuivis par
l’inspection générale.

Les réformes des séries technologiques
se traduisent notamment
par une diminution des horaires
des enseignements technologiques
et une perte du lien entre ces enseignements
et les enseignements
généraux. Dans le cas de la série
STI2D, on a assisté à une déconstruction
de ce qui fait le coeur
d’une série technologique industrielle
 : la formation d’une culture
technologique par la confrontation
avec des systèmes industriels
et une pratique sur ces systèmes, le
geste professionnel n’étant pas
l’objectif mais le moyen. Il en a été
de même dans la série STL.

Situations impossibles

Les enseignants ont été mis dans
des situations impossibles et en
payent le prix. Les élèves aussi,
sans que les effectifs n’aient augmenté,
bien au contraire.

Mais voici qu’on assiste à une
série de mesures qui ajoutent à la
confusion :

- la volonté de reclasser dans la
précipitation les enseignants de
STI selon des spécialités déconnectées
des champs de la production
industrielle comme des
champs universitaires, sans lien
avec leur formation ni leur
domaine de compétence ;

- des changements de dénomination
des groupes de l’inspection
générale qui marquent la volonté
de brouiller les cartes :
• l’IG de « Sciences physiques et
chimiques fondamentales et appliquées
 » devient celle de « Physique-
Chimie », achevant la disparition
de la physique appliquée
en Première et Terminale, et peutêtre
au niveau BTS,
• l’IG de « Sciences de la vie et de
la Terre » devient celle de
« Sciences et technologies du
vivant, de la santé et de la Terre »,
peut-être la première étape vers la
fusion de la discipline « biotechnologies
 » avec les SVT ;

- la défense jusqu’au-boutiste par
l’IG de STI du projet de fusion de certains BTS industriels en contradiction
avec les besoins en termes
d’emploi.

Suspendre le reclassement

Le SNES continue à intervenir aux
niveaux des établissements, académiques
et national pour que ces
politiques de dégradation des formations
technologiques cessent,
et en particulier que la procédure
de reclassement des enseignants
de STI soit suspendue, il s’est
adressé au président de la République
sur cette question en exigeant
que, dans le cadre d’un diadialogue
social rénové, les demandes
des collègues soient considérées.
Le SNES a médiatisé son action
par une conférence de presse, et
continuera à communiquer et à
mobiliser pour obtenir satisfaction.
Il appelle les enseignants à
signer massivement la pétition :
www.snes.edu/petitions/index.php ?petition=25

Le SNES demande au ministre de
préciser la politique poursuivie en
ce qui concerne la voie technologique
ainsi que le rôle qu’il donne
à l’inspection générale sur cette
question.

Thierry Reygades

Autres articles de la rubrique US Magazine 723 du 15 septembre 2012