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Un film d’Eric Tolédano et Olivier Nakache (France)

"Intouchables" Sortie en salles le 2 novembre.

Philippe, un riche aristocrate, a été victime d’un accident de parapente qui l’a laissé entièrement paralysé. Ses moyens financiers lui permettent d’être entouré d’un personnel très dévoué.
Il ne lui manque plus qu’à recruter une aide à domicile à temps complet pour le seconder dans le déroulement de son quotidien.
Il finit par le trouver en la personne d’un jeune black venu de banlieue, tout juste sorti de prison.
Dès le premier entretien d’embauche, Philippe, habitué à un existence austère due à son rang s’amuse des facéties de Driss..

Deux univers vont se télescoper mêlant Vivaldi à Earth Wilde and Fire, le langage châtié des beaux quartiers et celui imagé des banlieues populaires.
Il résultera de cette rencontre improbable, une profonde amitié.

Eric Tolédano et Olivier Nakache ont réalisé avec " Intouchables" une comédie efficace liant légèreté et émotion sans jamais mordre la ligne de la facilité. Les dialogues sont souvent drôles, parfois en forme de clin d’œil, sans se départir d’une sorte d’espièglerie potache de bon aloi. Les metteurs en scène et les comédiens ont opté pour la démarche ludique. Les situations sont inventives, farceuses ou empreintes de tendresse. Elles s’enchaînent selon un rythme soutenu, conduites tambour battant, par des comédiens drôles qui, sans jamais mordre le trait, laissent ici et là filtrer l’émotion, donnant au récit une vraie profondeur.
A commencer par Omar Sy dont la présence charismatique remplit l’écran et qui fait de l’archétype du jeune de banlieue démerde et roublard un personnage sonnant juste d’un bout à l’autre, insolent, fonceur et tendre.
François Cluzet lui donne la réplique avec malice et l’harmonie de leurs partitions est un vrai régal. Les seconds rôles ne sont pas en reste comme celui de l’intendante interprétée par Anne Le Ny, qui joue à merveille et toujours dans la nuance, la vieille fille coincée qui a de plus en plus de mal, au fil du récit, à ne pas livrer ses dispositions de braise.

Rien, d’un bout à l’autre, ne vient gâcher la fête, réduire le plaisir car le scénario bon enfant coupe l’herbe sous le pied à la critique, même si le jeune black de l’histoire fait office de "bon nègre" nouvelle version et si, immanquablement, il sort de prison.
On ne voit pas passer l’heure trois quart de projection. On a ri. Et l’on a, en plus, ce plaisir de se dire que le cinéma français, quelquefois, et peut-être de plus en plus souvent ces derniers mois, nous donne des comédies franchement drôles dont on n’a pas à rougir !
La balle est dans le camp du public.

Francis Dubois

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