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"Intrusions" un film d’Emmanuel Bourdieu (sortie en sept. 2008)

Pauline Le Saché, une riche héritière, se voit obligée par son père d’épouser François dont elle attend un enfant. Mais au bout de quelques semaines, François annonce à Pauline sa décision de divorcer. Pauline encaisse mal la nouvelle. Elle menace son mari de mort, propos qui n’échappent pas à Alexis, un ouvrier qui travaille à la restauration de la maison des Le Saché. Peu de temps après, François meurt dans un accident de voiture. Alexis confie à Pauline qu’il n’a fait qu’exécuter ses vœux. Or, François était l’amant de la femme d’Alexis…
Emmanuel Bourdieu a voulu cette fois greffer sur ses façons de réalisateur dandy qui ont totalement convenu à au moins deux de ses films précédents –"Candidature" et "Les amitiés maléfiques"- une histoire policière assez convenue. Il a sans doute même un peu lorgné du côté de chez Hitchcock avec une héroïne blonde et lisse, un maître chanteur énigmatique…
Visiblement le sujet l’encombre et, comme il le traite dans un style plutôt académique, il s’offre pour casser une narration sans grand relief, un dérapage scénaristique qui, en soi, est plein de qualités et d’originalité mais qui, mal articulé et, durant le temps qu’on s’en étonne, manque un peu sa cible. Pourtant l’exercice de style est savoureux derrière une Amira Casar en très grande forme dans le rôle de la bonne, peut-être aussi demi-sœur de l’héroïne.
L’histoire est venimeuse. Les personnages sont de terribles prédateurs. André Le Saché étouffe sa fille dont l’existence est minée par Alexis, François rend insupportable celle d’Alexis. Tout comme Alexis empoisonne celle de sa femme, Muriel. Et le meilleur du film est dans l’opacité de certains personnages, dans les agissements feutrés, dans le fait qu’ils sont chacun, à la fois victime et bourreau.
Faut-il prendre la mascarade finale qui réunit de façon très théâtrale tous les personnages de l’histoire, avec l’interversion des rôles, comme le signe de la folie de Pauline, comme la réalité ou comme une pirouette de narration ?
En tous cas, ce qui reste certain, c’est qu’Emmanuel Bourdieu occupe une place bien à part dans le paysage du cinéma français et que, malgré quelques défauts, son film fourmille de qualités comme cette distribution remarquable que dominent Jacques Weber et Amira Casar.
Francis Dubois

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