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Un film d’Alain Cavalier (France)

"Irène " Sortie en salles le 28 octobre

Irène Tunc, qui fut élue Miss France en 1954 et qui débuta quelques années plus tard une carrière au cinéma en jouant les seconds rôles dans des films de François Truffaut, de Jean-Pierre Melville ou de Claude Lelouch, devint l’épouse d’Alain cavalier. Elle mourut des suites d’un accident de la circulation en janvier 1972.

Alain Cavalier retrouva un journal qu’il tint régulièrement au cours de l’année 71, où il est naturellement beaucoup question de sa jeune femme. La nécessité de faire un film sur Irène s’est imposée à lui et il a trouvé dans ses souvenirs, dans les pages du carnet matière à rendre hommage à celle à propos de qui il écrit "Elle est derrière la porte. Je l’entends frapper doucement depuis des années. Pourquoi tant tarder à lui ouvrir".
La mort brutale d’Irène est survenue à un moment de questionnement. Il y avait peut-être alors dans leur relation amoureuse un léger relâchement. Elle avait besoin pour vivre la suite de voir plus clair en elle-même, de reprendre confiance, elle qui doutait et répétait qu’elle ne réussissait rien de bien… Avec ce film tout entier dédié à son souvenir, Alain Cavalier, dont elle semble encore guider les gestes, essaie d’aller plus loin dans leur histoire, d’avoir accès à des lendemains qui n’ont pas eu lieu.
La caméra étreint les objets qu’ils ont partagés, les meubles, les recoins de l’appartement, la pièce sous les toits où il a attendu toute une journée des nouvelles d’Irène partie seule le matin pour une promenade qu’il aurait dû faire avec elle. Le propos d’Alain Cavalier n’est pas de s’épancher sur les éléments d’un passé tronqué mais plutôt de prospecter les lieux du passé à la recherche d’une lueur, d’un indice qui pourrait lui en dire plus sur ce qui aurait pu être leur vie si Irène n’avait pas péri.
Il garde sans cesse une certaine distance, peut-être un sursaut de pudeur alors même que sa démarche est parfois impudique et qu’elle pourrait tomber dans l’indiscrétion s’il ne faisait pas preuve d’une sorte de candeur et d’ humour, s’il ne s’autorisait certaines digressions, des retours à lui-même, à son âge, à des soucis de santé qui surviennent, qu’il traite comme une fatalité et qui renvoient, dans un détachement soudain, à l’épisode douloureux de la mort d’Irène, une jour de janvier 72.
"Pourquoi tant tarder à lui ouvrir ? Crainte de ce qu’elle peut me demander ? Peur d’un aveu ? Refus d’éclairer les coins sombres" ?
"Irène" est le long poème d’un homme vieillissant. Un épisode capital de sa vie sur lequel il s’efforce de garder un regard lucide mais dont il ne veut surtout pas détruire ce qui reste d’émerveillement…
Francis Dubois

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