Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film de Jalil Lespert (France)

"Iris" Sortie en salles le 16 novembre 2016

Antoine Doriot est un directeur de banque ambitieux. Tout semble lui sourire puisqu’en plus de sa réussite sociale, il est marié à la belle Laura, une photographe de renom.

Leur union semble être au beau fixe puisque, de part et d’autre de la table d’un somptueux restaurant où ils viennent de dîner, ils sont capables de se déclarer leur amour.

Mais quelques minutes plus tard alors qu’elle est allée fumer devant l’établissement, Laura disparaît mystérieusement.

Pour quelle raisons, pendant qu’Antoine la recherche désespérément sous une pluie battante, elle se présente dégoulinante et méconnaissable chez Max, un petit garagiste de quartier ?

Cinéma : Iris

"Iris " est la quatrième film que réalise Jalil Lespert, comédien révélé chez Laurent Cantet dans "Ressources humaines " en 2000.

Après " 24 mesures " en 2006, il tourne l’adaptation d’un roman d’Olivier Adam " Des vents contraires" (deux films pas très aboutis mais personnels laissant augurer une carrière prometteuse) .

Mais en 2014, il revient là où on ne l’attendait pas, avec un biopic sur le couturier Yves Saint- Laurent qui remporte un large succès public et lui ouvre les portes de la cour des grands.

Après le succès d’" Yves Saint Laurent", on ne pouvait attendre qu’une œuvre ambitieuse allant avec les moyens dont il allait disposer pour réaliser à nouveau.

Et c’est "Iris " qui nous arrive, un thriller en chambre dont le déroulement, tout en méandres, se leste un peu plus à chaque articulation de mystère et d’ambiguïté.

Le premier souci de Jalil Lespert semble avoir été de réussir une mise en scène somptueuse dans des décors luxueux, avec des lumières savantes qui donnent des images parfois un peu vernissées.

Le second souci était peut-être de réaliser un thriller à "la Melville" sans course-poursuite, ni le moindre coup de feu, donnant l’avantage aux personnages qui, s’ils échappent parfois aux stéréotypes, restent à l’état de silhouettes à force d’application et de soin.

"Iris " qui est un remake de "Chaos" du japonais Hideo Nakale (1999) est un thriller psychologique qui prétend à un rythme haletant et à une forte orientation sulfureuse.

Sur le thème pas très neuf d’une kidnappée complice de son enlèvement avec partage de rançon à l’appui, le film de Jalil Lespert fluctue dans ses choix narratifs prioritaires, entre thriller et film à personnages. Il n’évite pas les clichés sur la nuit parisienne avec ses bars enfumés, ses clubs privés, ses prostituées et ses soirées bourgeoises sado-maso agrémentés ici de plans larges à la gloire de la ville lumière.

Si "Iris" apparaît comme un bel objet de cinéma, le savoir-faire de Jalil Lespert finit par se retourner contre lui quand trop de soin apporté à l’image, une grande application, privent le sujet de ce qu’il lui aurait fallu aussi de rugosité.

Le trop énigmatique solitaire et sombre Max (Romain Duris hermétique) lorgne du côté des personnages "à la Melville" quand Charlotte Le Bon dont on exploite la ligne parfaite, les traits du visage irréprochables lance, elle, un clin d’œil du côté des héroïnes hitchcockiennes ; en retour de quoi, elle est trop souvent réduite à un "personnage silhouette" malgré quelques prouesses de jeu spectaculaires.

"Iris" est une réalisation extrêmement soignée et d’un point de vue esthétique, virtuose. Mais sa construction parfois un peu trop "sinueuse" et une interprétation trop démonstrative parviennent ici et là, à entamer le plaisir.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Les petits maîtres du grand hôtel »
    Jacques Deschamps, le réalisateur du film se trouvait à Grenoble où il participait à la commission de sélection des étudiants désirant intégrer le Master de cinéma-documentaire de Lussas, en Ardèche.... Lire la suite (22 septembre)
  • « Ceux qui travaillent »
    Sans diplôme et parti de très bas, devenu à force de volonté cadre supérieur dans une grande compagnie de fret maritime, Franck a de tout temps consacré sa vie au travail. Alors qu’il doit réagir dans... Lire la suite (22 septembre)
  • « Bacarau » 
    En 2016, Kleber Mendonça Filho présentait à Cannes « Aquarius » et brandissait avec son équipe, des pancartes dénonçant ce qu’ils considéraient comme un coup d’État contre la présidente Dilma Rousseff.... Lire la suite (21 septembre)
  • « Ne croyez surtout pas que je hurle »
    A la suite d’une rupture amoureuse qui l’a mis face à des difficultés financières insurmontables et pour plus de commodités, Franck Beauvais quitte Paris et ses activités cinématographiques déjà... Lire la suite (21 septembre)
  • « Ma folle semaine avec Tess »
    Sam, onze ans passe ses vacances d’été avec sa famille, sur une idyllique île néerlandaise. Il a pris la décision de s’isoler plusieurs heures par jour pour s’habituer à une solitude dont il compte... Lire la suite (15 septembre)