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Un film de Jérémy Clapin (France)

« J’ai perdu mon corps » Sortie en salles le 6 novembre 2019.

Naoufel est un jeune homme romantique et candide. Il est tombé amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans le ville, une main sectionnée s’échappe du frigo d’un labo, bien décidée à retrouver le corps auquel elle appartenait. S’engage dès lors une cavale à travers le ville, semée d’embûches, pleine des souvenirs jusqu’à celui du terrible accident qui a séparé la main de son corps.

Naoufel, Gabrielle, la main, finiront par retrouver le fil de leur histoire.

Cinéma : J'ai perdu mon corps

En 2011, le producteur Marc de Pontavice acquiert les droits de « Happy hand » , le livre de Guillaume Laurent scénariste célèbre entre autre pour avoir écrit «  Le fabuleux destin d’Amélie Poulin » Il vient tout juste à l’époque de connaître une gros succès public avec «  Gainsbourg, vie héroïque »  .

Avec «  J’ai perdu mon corps  » il se lance dans un véritable défi avec « l’aventure » du film d’animation pour adultes.

Or, ce projet fait peur aux investisseurs avec l’histoire d’une main tranchée traité en un récit qui oscille entre plusieurs genres : le thriller, la comédie et l’histoire d’amour.

Les derniers succès du film d’animation pour adultes «  Valse avec Bachir  » et «  Persépolis » reposaient sur un sujet brûlant d’actualité alors que «  J’ai perdu mon corps  » traite du quotidien et de l’intime. Le sujet sera-t-il assez porteur ?

Marc de Pontavice persiste et fait appel, pour la mise en scène, à un inconnu du grand public, Jérémy Clapin qui ne possède à son actif que la réalisation d’un court métrage «  Skhizen  » nommé aux Césars avant de faire le tour de nombreux festivals.

L’aventure qui débute va durer huit ans.

Plutôt que de faire de l’ouvrage une adaptation linéaire, le film prend tous les risques avec une déconstruction du récit qui multiplie les temporalités, une tonalité narrative qui est à la fois sensorielle et impressionniste.

Une des priorités pour Jérémy Clapin a été de débarrasser le film de toute recherche d’esthétisme pour donner sa vraie mesure au propos.

Le film n’est pas que du dessin, c’est aussi de la photo, de la profondeur de champ. On est dans une animation réaliste, pas dans le cartoon.

On se laisse porter pas cette succession de ruptures de ton et surtout à un attachement grandissant au personnage de Naoufel auquel le jeune comédien Hakim Faris apporte une présence, une force et une sensibilité qui le rend très proche.

Une réussite à tous points de vue.

Francis Dubois

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