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Un film de Sandrine Bonnaire (France)

"J’enrage de son absence" Sortie en salles le 31 octobre 2012

Jacques et Mado ont été mariés. Ils ont eu un petit garçon qui a péri très jeune dans un accident de voiture. A la suite de ce drame, ils se sont séparés. Jacques est allé vivre au États-Unis et Mado a refait sa vie. Elle a épousé Stéphane et de leur union est né Paul, aujourd’hui, garçonnet de 8 ans.

A l’occasion du décès de son père, Jacques réapparaît. Quand, par hasard, il croise Mado et son fils, c’est pour lui un grand choc.

Sandrine Bonnaire a voulu réaliser, sur un sujet mélodramatique, un film peu bavard, peu explicatif, sans flash-back ni voix off.

Jusqu’aux scènes de la complicité retrouvée entre les deux anciens amants et les premières apparitions de l’enfant, son film tient ses promesses.

Le récit est fluide et l’émotion fait mouche mais dès lors que Jacques tombe sous le charme du gamin au point de s’installer dans les caves de l’immeuble où réside la famille, qu’il renonce à son retour aux États-Unis, Sandrine Bonnaire perd pied, ne domine plus son récit et ses ambitions narratives.

La totale complicité entre l’homme et l’enfant ne reposent sur aucun élément plausible. Même s’il est dit que Jacques, terriblement traumatisé par la mort de son propre enfant et par la séparation qui a suivi, n’a pas pu refaire sa vie malgré l’exil, on comprend mal que cet homme mature et apparemment équilibré, aille jusqu’à s’enfermer dans une cave, quitte à ne communiquer avec l’enfant que par code sonore via le vide-ordure.

Et même si l’on admettait le désarroi d’un homme blessé à vie, on admet difficilement qu’il puisse entraîner dans sa dérive un jeune enfant dont on comprend très mal les raisons pour lesquelles il fonce tête baissée dans cette amitié débordante avec un adulte.

Le film de Sandrine Bonnaire est beaucoup trop limpide et réaliste pour s’engager avec crédibilité sur ces chemins tortueux.

William Hurt qui n’a bientôt plus d’autres ressources de jeu que de prendre des airs de chien battu, n’a plus en face de lui qu’un enfant séduit par ce faux père qui prend, dans son cœur, le pas sur le vrai.

La qualité qu’il faut reconnaître à " J’enrage de son absence" est que, malgré le caractère franchement mélodramatique du sujet, il ne joue jamais sur la corde sensible, où pour être plus exact, n’émeut jamais.

Mais cette qualité du film vient peut-être plus des invraisemblances du scénario que d’un traitement sobre qui ne l’est peut-être pas tant que ça !

Francis Dubois

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