Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

Un film d’Amy J. Berg (USA)

"Janis" Sortie en salles le 6 janvier 2016.

Janis Joplin compte parmi les artistes mythiques qui ont traversé les époques musicales sans jamais rien perdre de leur prestige, sans jamais que leur talent ne soit terni par l’apparition des plus grands qui leur ont succédé.

Elle reste unique et le film d’Amy J. Berg qui retrace le parcours mouvementé et passionnant de cette personnalité hors du commun, qui dépeint une femme à la fois puissante, vulnérable et sensible, le montre bien.

Depuis une adolescence ingrate où sa personnalité singulière l’a souvent tenue écartée des autres, laissée sur la touche, incomprise ou moquée, jusqu’à sa disparition prématurée, à vingt-sept ans, son "histoire" est retracée à partir d’ une poignée de témoignages touchants parmi lesquels ceux de son frère et de sa sœur, d’artistes qui l’ont accompagnée et de quelques autres qui lui ont été très proches ; mais surtout par un choix judicieux d’extraits de ses concerts au cours desquels, explose à chaque fois, sa magnifique énergie et sa voix fascinante.

Cinéma : Janis

Dans la construction remarquable de ce documentaire, l’un des plus réussis du genre, c’est autant le choix des éléments retraçant la vie de l’artiste que leur dosage et leur imbrication qui donnent toute sa tenue à un ensemble qui, curieusement, parvient à "coller", dans une sorte de concordance magique, au portrait de Janis Joplin qui en résulte.

L’énergie du montage n’a d’égale que celle dont fait preuve la chanteuse au cours des extraits de concerts qui sont proposés. Et à l’inverse, dans la sensibilité des témoignages, on retrouve la vulnérabilité de l’artiste et cette fragilité qu’on peut souvent déceler derrière son apparente mais trompeuse assurance.

L’intérêt premier du documentaire d’Amy J Berg est de laisser toute sa part de mystère au personnage de Janis, de laisser l’impression qu’on n’aura jamais totalement accès à une totale vérité.

Celle qui, toujours enthousiaste et volubile, donne d’elle l’image de quelqu’un de solide et d’énergique ; celle qu’on voit sur scène, explosive et extravertie dans des tenues provocantes et colorées, coiffée de perruques extravagantes, ne se cachait-elle pas derrière cette "façade" nécessaire à laquelle il fallait donner priorité pour composer le personnage public qu’on attendait ?

Janis avait-elle besoin de forcer le trait de son apparence pour exister ? Fallait-il un complément à sa voix magnifique, unique, la puissance de ses interprétations ?

N’y avait-il pas chez elle un besoin de reconnaissance tenace pour effacer le doute, les séquelles d’une adolescence douloureuse ?

Le mystère persiste jusqu’à se poser la question à propos de sa beauté ou non, de son charme ou pas, de ce qu’il en aurait été de son rayonnement si elle n’avait pas eu recours à des artifices dans son comportement, dans ses tenues vestimentaires, dans ses excès…

" Janis " est un magnifique portrait d’artiste à la fois rayonnant, extraverti et secret.

Francis Dubois

Autres articles de la rubrique Actualité cinématographique - avant-premières, festivals...

  • « Peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares »
    En 1941, l’armée roumaine massacre 20 000 juifs à Odessa. De nos jours, une jeune réalisatrice s’attache au projet de monter un spectacle de cet épisode douloureux, par une reconstitution militaire,... Lire la suite (16 février)
  • « Rencontrer mon père »
    Aujourd’hui Alassane Diago, est devenu un adulte, réalisateur de films. Il décide d’aller à la rencontre de son père qui les a abandonnés, sa mère et lui, sans avoir crié gare, les laissant subitement... Lire la suite (15 février)
  • « The raft »
    En 1973, six femmes et cinq hommes tentés par l’expérience, embarquent sur un radeau et sillonnent à son bord, cent un jours durant, l’Océan Atlantique. Ils sont les cobayes volontaires d’une... Lire la suite (10 février)
  • « Long way home »
    A sa sortie de prison, Angel dix huit ans, retrouve sa jeune sœur Abby, placée dans une famille d’accueil à la suite de l’assassinat de leur mère. Le drame qui les a séparées a laissé chez les deux... Lire la suite (10 février)
  • « Le silence des autres »
    1977. Deux ans après la mort de Franco, dans la précipitation de la transition démocratique, l’Espagne vote une loi d’amnistie générale qui a un double effet : la libération des prisonniers politiques... Lire la suite (9 février)