Actualité théâtrale

Studio Hébertot, à partir du 24 mars 2016

"Je l’appelais Monsieur Cocteau" d’après le livre de Carole Weisweiller Adaptation Bérangère Dautun. Mise en scène Pascal Vitiello.

Carole Wiesweiller a connu Jean Cocteau alors qu’elle était encore une enfant.

Le poète vécut plusieurs années chez sa mère, Francine Weisweiller à Paris, Place des États-Unis, mais aussi dans la somptueuse villa Santo Sospir qui dominait la baie de Villefranche à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Malgré l’écart de l’âge, une amitié naquit entre Cocteau et Carole qui s’assortit, avec le temps, d’une grande complicité, et qui ne se démentit jamais jusqu’à la disparition du poète en 1963 dont la jeune fille fut très affectée.

"Je l’appelais Monsieur Cocteau " retrace, à travers ses souvenirs qu’elle évoqua dans son ouvrage éponyme paru aux Éditions Michel de Maule, les dernières années, peut-être les plus riches, de celui qu’on appela le Prince des poètes.

Théâtre : Je l'appelais Monsieur Cocteau

Sur un plateau presque nu, dans un décor simple dont les éléments (un fauteuil, une table en rotin, une échelle double) seront peu utilisés par les comédiens, les lumières et les effets de transparence apportent une dimension légèrement fantasmagorique à la présence sur scène d’un Jean Cocteau jeune et intemporel interprété par un comédien qui déjoue tout penchant à la nostalgie ou à la mélancolie et qui, au contraire, joue la carte de la jovialité espiègle.

Les souvenirs évoquent au passage les personnages de Picasso, de la comédienne Nicole Stéphane qui fut l’interprète de " Les enfants terribles ", le tournage du film auquel Carole assista alors qu’elle était enfant.

L’évocation est légère et tendre pour restituer au plus juste le personnage d’un Cocteau modeste et généreux que les accrocs de la vie blessaient au plus profond et rendre tout ce qu’il aura fallu de tendresse et d’attachement pour que cette rencontre improbable entre une gamine et le poète devînt cette longue et fidèle amitié.

Bérangère Dautun est une Carole Wiesweiller vieillissante, toute de délicatesse et de raffinement. Elle contrôle avec beaucoup d’élégance l’évocation afin qu’elle ne devienne jamais ni une indiscrétion, ni matière à un excès d’émotion.

Est-ce que dans les circonstances actuelles, face aux difficultés auxquelles se heurtent les petites structures théâtrales, ces formes de création modestes et sincères de la tenue de " Je l’appelais Monsieur Cocteau " ne servent pas mieux le théâtre que les grosses machines à fort budget dont on fait une vitrine trompeuse ?

Et même si les deux sont sans doute nécessaires, reconnaissons la ténacité, le courage de ces petites troupes anonymes qui font un travail de fourmi et qui compensent leur "pauvreté" par de l’inventivité et beaucoup d’énergie.

Francis Dubois

Studio Hébertot 78 bis Boulevard des Batignolles 75 017 Paris.

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) 01 42 93 13 04

www.studiohebertot.com

Autres articles de la rubrique Actualité théâtrale

  • « La famille royale »
    Inspirée du roman éponyme de William T. Vollmann, cette vaste fresque dresse le portrait d’une Amérique coupée en deux, le monde des affaires, du show-business, des casinos et de la finance d’un côté,... Lire la suite (16 octobre)
  • « La danse de mort » d’August Strindberg .
    Dans une citadelle, sur une île de garnison, vivent reclus dans un décor gris un officier intègre et autoritaire et sa femme, Alice, une ancienne actrice qui a laissé derrière son passé et dont les... Lire la suite (13 octobre)
  • « La mort de Tintagiles »
    « La mort est une force extérieure qui empêche tout mouvement qui s’oppose à elle. L’amour est une force intérieure qui incite à agir contre la mort ». Le texte de Maurice Maeterlinck, conte initiatique... Lire la suite (10 octobre)
  • « Mme Klein »
    À Londres en 1934, Mélanie Klein, que l’on peut considérer comme l’une des premières psychanalystes pour enfant dans les années 1920, vient d’apprendre la mort de son fils Hans à Budapest. Naturalisée... Lire la suite (9 octobre)
  • « Non, c’est pas ça ! (Treplev Variations) »
    Ils sont trois sur scène, une femme et deux hommes, ils devaient être treize et jouer La mouette , mais l’un d’eux, le metteur en scène probablement, s’est suicidé. Ils ont décidé de continuer le... Lire la suite (7 octobre)