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Un film de Leszed Dawid (Pologne)

"Je m’appelle Ki" Sortie en salles le 19 décembre 2012

Ki est une jeune femme joyeuse et dynamique, mère d’un petit garçon de trois ans. On entre dans sa vie au moment où elle décide de rompre avec son compagnon.

Mais comment mener la vie libre et sans contraintes à laquelle elle aspire quand on est mère, qu’on n’a pas de domiciliation officielle, pas de revenus fixes et de grandes ambitions professionnelles dans le domaine artistique.

Miko, un ami taciturne, accepte de l’héberger et, vis-à-vis des services sociaux, de passer pour son fiancé.

La jeune femme jongle avec les mensonges et n’a pas son égale pour obtenir des complicités hasardeuses et acrobatiques de ses relations ou d’embobiner les services administratifs.

Tout cela la conduit à une vie désordonnée, itinérante dont elle s’accommode grâce à son inaltérable vitalité.

" Je m’appelle Ki" est avant tout le portrait à la fois réjouissant et pathétique d’une jeune femme moderne qui, alors qu’elle a déjà largement engagé sa vie avec un enfant et une ou plusieurs rupture(s) amoureuse(s) mène une existence faite de tâtonnements à la recherche d’une solution satisfaisante mais dont elle n’a certainement pas la moindre idée.

Ki n’a aucune stratégie, ni dans son quotidien, ni dans l’élaboration de ses projets. Elle vit au jour le jour avec la touchante certitude qu’elle saura faire face aux prochaines situations difficiles auxquelles elle sera immanquablement confrontée.

Et dans ces avancées à l’aveuglette, son atout majeur est qu’elle fait fi de toutes les conventions.

En cela, elle est une sorte de terroriste dont les velléités en matière d’amour maternel sont sincères, mais qui garde avant tout le regard tourné vers sa liberté de femme et en direction du monde explosif, scintillant et éphémère, de la création artistique.

Mais Ki voit-elle, et si elle le voit, en a-t-elle conscience, que la vie désordonnée dans laquelle elle entraîne son fils en fait un enfant frappé d’hyperactivité, dont le déséquilibre est déjà visible jusqu’à travers la façon qu’il a de s’accommoder de toutes les situations et de la grande diversité des personnes qui entourent sa mère.

L’instabilité du gamin est traitée avec d’autant plus de justesse que chacun autour, par commodité, semble la nier pour n’y voir que la simple insouciance de son âge, sans tenir compte des débordements de comportement.

Ki, tant par sa façon de foncer tête baissée que par son optimisme forcené, dicte à Leszek Dawid sa mise en scène vive et syncopée, à la fois empreinte de légèreté et grave. Car sous son apparence de comédie sociale " Je m’appelle Ki" ne perd jamais de vue l’essentiel de son propos : un personnage à la dérive qui entraîne dans le sillage de sa vie désordonnée un enfant qui a déjà amorcé sa lente dégradation psychologique, sa marginalité.

Touchant, parfois pathétique.

Francis Dubois

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