Actualité théâtrale

Jusqu’au 13 avril au Théâtre de la Tempête, partenaire réduc’Snes

« Je marche dans la nuit par un chemin mauvais » Ecrit et mis en scène par Ahmed Madani

Á la suite d’une dispute violente avec son père, un adolescent de 17ans, téléphone greffé au bout des doigts et yeux toujours rivés sur un écran, est envoyé chez son grand-père à Argentan, autrement dit au fin fond de la brousse selon lui. Son grand-père l’attend de pied ferme, la télé est à la cave, il n’y a pas d’internet, on mange de la soupe et du poisson. Pour lui, nuggets, miel pop, coca et rap sont des concepts étrangers. Pour l’un le programme devrait être grasse matinée, usage intensif du téléphone et ne rien faire. Pour l’autre c’est lever tôt, débroussaillage et jardinage. La rencontre commence donc dans la dispute. Pourtant ces deux-là vont s’ouvrir, apprendre à se connaître, à s’écouter et, entre intime et grande histoire, à se parler.

Ahmed Madani a écrit ce texte et en signe la mise en scène. Ce dialogue s’inscrit bien dans son œuvre, qui tisse souvenirs personnels et questions de société, histoires singulières et cahots de l’Histoire. Le décor évoque une cuisine, lieu de rencontre en terre étrangère pour l’un et l’autre, tout au moins au début. Autour, de l’espace permet de se projeter dans le jardin et sur l’entrée de la maison. C’est là que la nuit, avec le chant des grillons, les échanges vont devenir plus intenses, plus personnels. Il y est question de l’amour, de la vie avec ses espoirs, ses regrets, ses mensonges aussi et c’est là que le grand-père va parler de ses cauchemars, qui le renvoient à la guerre d’Algérie.


Vincent Dedienne est Gus, l’adolescent. Tout y est, le langage, le vêtement, la façon de monter le ton, de partir brusquement dans la révolte, la fragilité aussi et la tendresse pour ce grand-père qui naît peu à peu. Yves Graffey est Pierre, le grand-père, sûr d’avoir raison, autoritaire, mais tout prêt à fondre de tendresse pour ce petit-fils qui le sort de sa solitude de veuf et lui offre peu à peu une écoute bienveillante. Les dialogues entre eux sont vifs. On rit de leurs disputes qui renvoient adultes et adolescents dans la salle à des souvenirs vécus. Puis peu à peu le ton change, des choses sont dites, qui avaient été cachées. Entre confidences et attentions pour l’autre, une relation tendre et affectueuse se noue entre cet adolescent au seuil de la vie et ce vieil homme au seuil de la mort. Et c’est très beau.

Micheline Rousselet

Du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 16h30

Théâtre de la Tempête

Cartoucherie

Route du Champ-de-Manœuvre, 75012 Paris

Réservations (partenariat Réduc’snes tarifs réduits aux syndiqués Snes mais sur réservation impérative) : 01 43 28 36 36

www.la-tempete.fr

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