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Un film de Teona Mitevska (France Macédoine)

"Je suis de Titov Veles" Sortie en salles le 25 mars

Titov Veles ne s’appelle plus que Veles depuis la disparition de Tito. C’était autrefois une ville prospère. C’est aujourd’hui une ville qui se meurt. Une usine de plomb, majestueuse et décadente, située dans le centre, pollue ses habitants. A flanc de colline, une maison de la ville héberge trois sœurs : Slavica, l’aînée, trente cinq ans, suit depuis des années un traitement de méthadone. Elle s’occupe de l’intendance. Afrodita, la cadette souffre d’un problème physique qui l’empêche de parler. Quant à Sapho, celle-la partage son temps entre les matches de handball et les hommes qu’elle collectionne. Elle trouve auprès d’eux le moyen d’échapper à la solitude et à la tristesse de son existence. Tous les lundis, elle attend devant l’ambassade de Grèce à Skopje le visa qui va lui permettre de partir un jour.

"Je suis de Titov Veles" est une histoire de femmes et de solitudes imbriquées qui n’est pas sans rappeler "Les trois sœurs" de Tchekov dans leur désir d’ailleurs.
Ici, les personnages et leur état émotionnel sont indissociables du décor, cette ville
étrangement belle, distribuée sur six collines pour laquelle chacune montre de l’aversion mais aussi, paradoxalement, un attachement profond.
Cette ville que la pollution ronge doucement, où l’on s’inquiète du moment présent et où on oublie les menaces du lendemain.
Cette ville dont personne ne sait s’il pourra ou saura la quitter un jour.
La beauté du cadre dans lequel se situe l’action accentue l’inconfort, le sentiment de malaise et d’oppression, comme une douleur à peine sensible mais persistante…
Et le rêve de chacune, cette évasion illusoire qui projette l’histoire dans un dimension narrative parallèle à la fois sereine et inquiétante n’est peut-être, à chaque fois, qu’un fil de plus ajouté aux pièges de l’incertitude.
"Je suis de Titov Veles" est une œuvre forte qui distille des secrets à travers trois portraits de femmes et dresse un bilan sombre et sans concessions de ce qu’est devenue la Macédoine de l’après Tito où l’industrialisation et les perspectives de progrès n’ont pas tenu leurs promesses.
Francis Dubois

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