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Un film de Guillaume et Stéphane Malandrin (Belgique-France)

"Je suis mort mais j’ai des amis" Sortie en salles le 22 juillet 2015

Quatre rockers plus très jeunes, barbus et chevelus, n’ont jamais cessé de se produire en public avec un certain succès. Mais, alors qu’ils ont des projets de tournées à honorer, le chanteur du groupe décède subitement.
Dans le souci de respecter la vieille amitié qui les lie les uns aux autres ainsi que celle qui les liait à Jipé, ils décident de partir pour Los Angeles avec ses cendres à disperser.
Le but du voyage est-il d’honorer les contrats engagés ou de partir à la recherche de l’endroit idéal pour disperser les cendres d’un ami ?
Mais la veille du départ, un personnage survient qui veut les accompagner pour la cérémonie. Un militaire arabe et moustachu qui se présente comme l’amant de leur ami. Ils ignoraient que Jipé était homosexuel et la nouvelle les déstabilise. Leur voyage prendra dès lors un tour complètement inattendu.
culture/cinéma
Guillaune et Stephane Malandrin ont pris deux gros risques.
D’abord en choisissant de réaliser une comédie sur le thème du deuil. Ensuite en abordant un sujet qu’on croyait épuisé si on considère les échecs de certaines productions récentes qui mettaient en présence de vieux copains liés depuis des années par une amitié tenace.
Si la comédie des frères Maladrin qui n’évite ni les clichés, ni certaines facilités est convaincante, c’est parce qu’elle les assume totalement, qu’elle aborde le sujet de façon frontale et qu’elle ne se perd par en ramifications scénaristiques puisant du côté de la nostalgie, du passé des protagonistes ou même de leur présent.
Les personnages s’imposent d’entrée. Ils existent au moment même où ils apparaissent et le film qui en découle repose sur une seule idée, la certitude d’Yvan (le bassiste du groupe) un quinquagénaire qui, pour mener à terme son idée et entraîner les autres dans sa détermination, refuse de regarder la vérité en face.
Car, si on se place du point de vue du réalisme, comment imaginer que le groupe pourrait honorer ses contrats s’il est privé de son chanteur ?
Les ressorts comiques de "Je suis mort mais j’ai des amis" consistaient à rendre caduques toutes les promesses d’Yvan sans que jamais ne soit diminuée sa détermination.
Il veut aller à Los Angeles, il se retrouvera dans l’Arctique québécois. Il veut voyager en avion, il se retrouvera dans un train. Il rêve de conduire une Cadillac sur Sunset Boulevard, il ira à pied à travers Schefferville. Il rêve de voyager avec ses potes, il se retrouvera flanqué du seul militaire homosexuel à moustaches.
De fait, "Je suis mort mais j’ai des amis" est à sa façon, un film de clowns.
Wim, l’homme "le plus malchanceux du monde" serait l’Auguste, celui qui provoque les catastrophes et la colère du clown blanc. Yvan le clown blanc qui veut aller droit au but avec toute l’élégance de son personnage...

Sur une trame de gros fils (frisant parfois la grosse ficelle !), Guillaume et Stéphane Malandrin ont réalisé un film tout en nuances, intelligent, subtil tout en émotion retenue, en même temps qu’une comédie émaillée de moments irrésistibles.
Ils ont trouvé les complices parfaits avec Wim Willaert qui joue un Wim déjanté et attachant et Bouli Lanners qui compose un Yvan aussi limpide que mystérieux.

Une réussite !
Francis Dubois

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