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Un film de Thierry Jousse (France)

"Je suis un no man’s land" Sortie en salles le 26 janvier 2011

Après le concert qu’il vient de donner dans une ville de la région dont il est originaire, Philippe se retire dans sa loge où une groupie l’attend, impatiente de le séduire. Ce n’est que le début d’une drôle de nuit où, après avoir rencontré dans les bois une ornithologue lunaire, il se retrouve par hasard chez ses parents qu’il avait un peu délaissés.

© Les Films Hatari

C’est beaucoup de choses à la fois. Et voilà que son ami d’enfance le relance pour quelques bières et parties de baby-foot au bistro d’autrefois…
Comment faire pour décliner toutes ces sollicitations, partir et être à l’heure à son prochain concert ?
Déjà, dans le premier long métrage de Thierry Jousse, "Les invisibles" en 2005, Philippe Katerine faisait une apparition. Cette fois-ci, il joue le rôle principal. Il est Philippe vêtu d’un costume en lamé argent, un chanteur en vogue…
Mais curieusement, au fur et à mesure que le récit avance, le personnage s’éloigne d’une activité professionnelle nomade qui l’a tenu éloigné de ses parents, de son ami d’enfance et peut-être même de l’amour qu’il va connaître dans la version coup de foudre, au cours de cette nuit d’échappée.
Il va troquer son costume de scène, qui aura fait les frais de multiples péripéties, contre un pantalon démodé et un gilet de survêtement trop court aux manches… Quand, au lieu de rapporter de chez le boucher du village le gigot de midi, il voudra rejoindre la ville où se donne son concert du soir, la vieille voiture qu’il a empruntée à sa mère va se mettre mystérieusement toute seule en marche arrière, au lieu d’avancer. Même la vieille mobylette dénichée au fond d’une grange va tout autant le ramener à la case départ…
Soudain, la comédie tourne court. Ses parents ont vieilli. Son père est fatigué, sa mère gravement malade est menacée d’une mort subite et son ami d’enfance, vendeur de téléphones portables, n’aurait-il pas conservé une spontanéité que lui pourrait avoir perdue. Et l’ornithologue partie à la recherche des cris nuptiaux des oiseaux de nuit n’est-elle pas à la totale opposée de ces furies de groupies qui le harcèlent après les concerts ?
"Je suis un no man’s land" a les qualités et les défauts du film fonctionnant sur différentes tonalités. Les trois parties distinctes qui le composent sont nettement contrastées et il se pourrait que ce soit le lien entre elles qui fasse défaut. Les retrouvailles avec les parents sont dramatiques. La rencontre amoureuse avec l’ornithologue pourrait avoir des relents de conte poétique et celle avec la groupie nymphomane relève de la farce.
Mais c’est peut-être le jeu dramatique de Philippe Katerine qui n’est pas assez subtil pour endosser les différences de style du récit. Cela fait passer presque inaperçues certaines bonnes idées du scénario, comme la tentative vers le fantastique et la mystérieuse malédiction qui empêche Philippe de repartir…
Francis Dubois

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